Les kinés peuvent prescrire des antalgiques depuis le 17 septembre. Le remboursement, lui, attend.

Depuis le 17 septembre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent prescrire des antalgiques de palier 1 et des myorelaxants hors formes injectables. Mais le droit a devancé le remboursement : le Code de la sécurité sociale ne reconnaît pas encore leur prescription pour le remboursement.

Un nouveau prescripteur débarque au comptoir. Et il va falloir s'y adapter vite.

Depuis le 17 septembre 2026, l'arrêté du 14 septembre autorise les masseurs-kinésithérapeutes (MK) à prescrire des antalgiques de palier 1 (paracétamol, ibuprofène et autres AINS) et des myorelaxants, hors formes injectables. L'arrêté élargit aussi leur droit de prescription à d'autres médicaments et à une liste étendue de dispositifs médicaux et produits de santé.

C'est une évolution significative. Les MK suivent ainsi une trajectoire similaire à celle des pharmaciens et des infirmières, à qui des droits de prescription ont été progressivement ouverts ces dernières années.

Mais voilà le hic : le droit a avancé plus vite que le remboursement. Aujourd'hui, le Code de la sécurité sociale ne reconnaît pas encore la prescription d'un kinésithérapeute comme ouvrant droit au remboursement pour ces médicaments. Concrètement, si un patient te présente une ordonnance d'antalgiques signée par son kiné, tu peux la délivrer, mais la prise en charge par l'Assurance Maladie n'est pas encore opérationnelle pour cette base prescriptive.

Ce que tu dois faire maintenant : vérifier que ta LGO gère le prescripteur "masseur-kinésithérapeute" pour ces catégories de produits. Identifier comment traiter ces ordonnances en caisse. Et surtout, informer ton équipe pour éviter les erreurs ou les refus injustifiés.

L'impact pour la patientèle est réel : des millions de patients suivis en kinésithérapie pour des douleurs musculo-squelettiques chroniques ou post-opératoires pourront recevoir directement du kiné une prescription d'antalgiques ou de myorelaxants. Plus besoin d'un aller-retour chez le médecin pour une ordonnance d'ibuprofène après une séance.

Demain au comptoir : prépare-toi à voir des ordonnances de kinés sur des produits que tu associais jusqu'ici exclusivement aux prescriptions médicales. Le cadre légal est là. Le remboursement suit. Forme ton équipe maintenant pour ne pas être pris de court.

Source : Caducee.net