aGLP-1 : l'ANSM tire la sonnette d'alarme sur le mésusage
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Le 3e rapport de pharmacovigilance de l'ANSM sur les aGLP-1 confirme leur intérêt thérapeutique mais recense 2 801 effets indésirables en un an, dont 515 graves et 13 décès. Le mésusage, notamment à des fins d'amaigrissement hors indication, reste le principal facteur de risque. Au comptoir, la vigilance est plus que jamais de mise.
2 801 effets indésirables déclarés, 515 graves, 13 décès. Ce sont les chiffres du 3e rapport de pharmacovigilance de l'ANSM sur les analogues du GLP-1 (aGLP-1), couvrant la période de février 2025 à janvier 2026.
La balance bénéfice/risque reste favorable pour les indications validées : diabète de type 2 et obésité. Mais l'agence insiste sur la persistance d'un mésusage massif, qui concentre l'essentiel des signalements graves.
Quels sont les profils à risque ? L'ANSM pointe notamment les doses trop élevées ou augmentées trop rapidement, les prescriptions hors AMM à des fins d'amaigrissement chez des patients sans indication reconnue, et une vigilance insuffisante sur les interactions médicamenteuses. Les troubles digestifs, les pertes de poids excessives et les carences nutritionnelles sont les signaux récurrents.
Côté officine, le tableau est connu. Les demandes de délivrance en dehors de toute pathologie déclarée, les patients qui arrivent avec des ordonnances de complaisance, les doses gonflées par rapport à ce que l'AMM prévoit : autant de situations qui mettent le pharmacien en première ligne du filtre thérapeutique.
Le rapport souligne aussi des interactions médicamenteuses à surveiller, que les sources ne détaillent pas davantage dans les résumés disponibles. Sur ce point, il est recommandé de consulter directement le rapport complet de l'ANSM pour le détail des molécules concernées.
Et le Wegovy oral ? La France vient d'autoriser la forme comprimé du sémaglutide (Wegovy oral, Novo Nordisk), dont la commercialisation est annoncée prochainement. Davantage d'accès, c'est mécaniquement davantage de risques de mésusage : le sujet ne va pas se calmer de sitôt.
Ce que ça change au comptoir demain matin : à chaque délivrance d'un aGLP-1, vérifier l'indication portée sur l'ordonnance, contrôler la progressivité de la dose et alerter le prescripteur en cas de signal clinique. Le pharmacien est le dernier rempart avant l'effets indésirable grave.