Campagne grippe 13 oct. : la prescription pharma, levier business sous-exploité

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La campagne de vaccination antigrippale démarre le 13 octobre. Le pharmacien titulaire peut prescrire et administrer le vaccin. Pourtant, le potentiel d'actes reste largement sous-exploité dans de nombreuses officines.

Contexte

La campagne de vaccination antigrippale 2026-2027 s'ouvre le 13 octobre, selon la source France Info Santé. La grippe tue en moyenne 9 000 personnes par an en France. Depuis l'arrêté et le décret du 8 août 2023, le pharmacien formé est prescripteur et vaccinateur pour les personnes âgées de 11 ans et plus, sans ordonnance médicale préalable. Le vaccin antigrippal est classé liste I. Ce classement liste I ne ferme pas l'accès : il impose une traçabilité et un encadrement, mais le pharmacien formé rédige l'ordonnance au comptoir et vaccine dans la foulée. L'USPO met à disposition un modèle de prescription pharmaceutique du vaccin antigrippal, notamment pour les patients hors recommandations vaccinales qui souhaitent se faire vacciner à titre personnel. Ces patients non ciblés par la campagne Assurance Maladie constituent un gisement d'actes rémunérés distinct du flux habituel de bons de vaccination Cnam. Concrètement, deux populations coexistent à l'officine : les assurés éligibles à la prise en charge Cnam (bon de vaccination envoyé par l'Assurance Maladie) et les patients qui souhaitent se vacciner sans bon, pour lesquels la prescription pharmaceutique prend tout son sens commercial et sanitaire.

Analyse business

La campagne grippe représente chaque année plusieurs millions d'actes de vaccination. Le volume de vaccinations antigrippales remboursées recensé par la Cnam est significatif, toutes professions vaccinatrices confondues. La part réalisée en officine progresse d'année en année depuis l'élargissement de la compétence vaccinale des pharmaciens en 2019, puis son extension aux 11 ans et plus en 2023.

Sur le plan de la rémunération, chaque acte de vaccination réalisé en officine donne lieu à un honoraire d'administration dont le montant est fixé par la convention pharmaceutique (se référer à son logiciel métier ou à la source conventionnelle pour confirmation du tarif en vigueur en 2026). À cela s'ajoute la marge sur le vaccin lui-même, calculée selon les tranches MDL en vigueur.

Le levier business identifié par l'USPO cette semaine est précis : la prescription pharmaceutique du vaccin pour les patients hors bon Cnam. Ces patients, qui n'ont pas reçu de bon de l'Assurance Maladie, ont néanmoins le droit de se faire vacciner en officine, le pharmacien rédigeant l'ordonnance. Le vaccin non remboursé est alors vendu au prix public, sans tiers payant. Cela génère un acte complet, prescription et administration, sans dépendre du flux de bons Cnam.

Trois points de vigilance s'imposent. D'abord, seuls les pharmaciens ayant suivi la formation habilitante peuvent vacciner : si un membre de l'équipe n'est pas encore formé, la campagne est une occasion concrète d'anticiper pour 2027. Ensuite, les moins de 11 ans restent hors périmètre de la prescription et de l'administration par le pharmacien : orienter systématiquement vers le médecin ou la sage-femme. Enfin, parmi les nombreuses officines que compte le territoire français, celles qui n'ont pas encore communiqué sur leur capacité de prescription pharmaceutique laissent des actes partir chez les médecins ou les infirmiers.

Recommandations actionnables

1. Vérifier les habilitations de l'équipe. Avant le 13 octobre, recenser les pharmaciens et préparateurs formés à la vaccination dans l'officine. Un pharmacien non formé ne peut pas vacciner : l'inscrire en formation dès maintenant pour la campagne suivante via l'OPCO EP. 2. Télécharger et imprimer le modèle de prescription USPO. Ce modèle est disponible sur le site USPO et permet de prescrire le vaccin antigrippal aux patients hors bon Cnam en toute sécurité réglementaire. Le préparer avant le 13 octobre évite une improvisation au comptoir. 3. Informer les patients hors bon Cnam dès l'accueil. Les assurés non ciblés par la campagne Cnam (moins de 65 ans sans comorbidité, entourage non prioritaire) peuvent tout de même être vaccinés en officine sur prescription pharmaceutique. Un message d'accueil ou une affiche OTC suffit à déclencher la demande. 4. Rappeler aux patients sous traitement chronique leur éligibilité. Les patients suivis pour diabète, pathologie cardiovasculaire ou respiratoire sont prioritaires : vérifier en dispensation qu'ils ont bien reçu leur bon Cnam et proposer l'acte directement. 5. Tracer chaque acte dans le logiciel métier. La vaccination sur prescription pharmaceutique doit être correctement codée pour générer la facturation et contribuer aux indicateurs de la ROSP le cas échéant.

Sources citées