BlackRock rachète la participation de WCAS dans les cliniques seniors de CenterWell pour 2,8 milliards de dollars

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Le géant de la finance BlackRock entre dans la santé primaire américaine via une joint-venture majoritairement détenue par BlackRock, qui rachète pour 2,8 milliards de dollars la participation de WCAS dans les cliniques CenterWell Senior Primary Care. Un signal fort sur la financiarisation mondiale des soins, qui résonne directement avec le débat français sur les officines.

BlackRock dans les salles d'attente. Le plus grand gestionnaire d'actifs au monde vient d'annoncer, via sa filiale HPS Investment Partners, une joint-venture majoritairement détenue par BlackRock, qui rachète pour 2,8 milliards de dollars la participation de WCAS dans environ 150 cliniques dédiées aux seniors de l'assureur américain Humana, CenterWell restant actionnaire minoritaire.

CenterWell, c'est un réseau de cliniques de soins primaires ciblant les patients âgés couverts par Medicare, le régime public américain pour les plus de 65 ans. Un segment ultra-stratégique aux États-Unis, où la prise en charge des seniors représente un volume financier colossal.

Pour BlackRock, ce n'est pas un caprice. C'est une thèse d'investissement : les infrastructures de santé sont perçues comme des actifs stables, générateurs de flux récurrents. Welsh, Carson, Anderson & Stowe, le fonds de private equity qui détenait auparavant la participation, cède sa place à un acteur encore plus puissant.

Pourquoi ça te concerne, toi, pharmacien en France ? Parce que ce mouvement illustre exactement ce que le gouvernement français cherche à encadrer avec le PLFSS 2027. En France, 33 % des officines ont contracté un emprunt obligataire selon les données présentées le 13 octobre par le ministère de la Santé, et la concentration capitalistique dans d'autres secteurs de soins est déjà considérable. La logique BlackRock/CenterWell, c'est la version américaine amplifiée de ce que le législateur français tente de prévenir ici.

La différence de modèle reste toutefois fondamentale : en France, le statut de pharmacien titulaire et les règles de détention du capital en officine constituent des garde-fous réglementaires que les États-Unis n'ont pas. Mais les appétits financiers pour les actifs de santé sont les mêmes des deux côtés de l'Atlantique.

L'opération doit encore recevoir les autorisations réglementaires habituelles avant d'être finalisée. Elle illustre une tendance de fond : les fonds d'investissement ne voient plus la santé comme un secteur à risque, mais comme un placement de long terme. Un angle à garder en tête quand tu lis les débats sur la financiarisation de l'officine française.