Sevrage tabagique à l'officine : la rémunération proposée fait scandale

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Une expérimentation sevrage tabagique démarre en 2027 dans trois régions. Mais la rémunération envisagée provoque la colère de la profession. Le président de la FSPF réclame déjà d'écourter la phase test.

L'expérimentation est lancée, mais elle passe mal. Dès 2027 et pour une durée de deux ans, des pharmaciens de Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d'Azur pourront accompagner les patients tabagiques dans leur sevrage. Jusque-là, bonne nouvelle. C'est sur la rémunération proposée que le bât blesse.

Le Moniteur des Pharmacies rapporte que la proposition tarifaire avancée dans le cadre de cette expérimentation régionale scandalise une partie de la profession. Les sources ne précisent pas le montant exact retenu dans le cadre du texte de négociation, mais le signal envoyé est jugé très insuffisant au regard de l'investissement attendu de l'équipe officinale.

Côté syndical, Fabrice Camaioni, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), ne mâche pas ses mots. Il affirme avoir demandé à la Direction de la Sécurité sociale d'écourter cette phase expérimentale, estimant que "les pharmaciens sauront relever le défi". La FSPF affiche donc sa confiance dans la capacité de la profession, tout en contestant le cadre tarifaire proposé. À ce jour, l'USPO et l'UPGF ne se sont pas exprimées publiquement sur ce point précis.

Point de vigilance important : il s'agit bien d'une expérimentation régionale, pas d'une généralisation nationale. Le sevrage tabagique ne fait pas partie de la liste fermée des entretiens pharmaceutiques rémunérés au niveau conventionnel national (AVK/AOD, asthme, anticancéreux oraux, bilan partagé de médication). Toute rémunération dans ce cadre expérimental reste donc distincte de la convention pharmaceutique nationale.

Pour les officines situées dans les trois régions concernées, la question concrète est simple : est-ce que le tarif couvre réellement le temps pharmacien et la formation nécessaire au bon suivi d'un patient tabagique ? Si la réponse est non, le risque est de voir une mission potentiellement impactante pour la santé publique sous-investie dès le départ.

Au comptoir demain matin : si tu exerces en Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine ou PACA, surveille de près les modalités de cette expérimentation. Pour les autres régions, ça n'est pas encore à l'ordre du jour. Et pour tout le monde : le sevrage tabagique sans rémunération nationale, c'est du bénévolat déguisé.