Au Royaume-Uni, les pharmaciens prescripteurs gagnent du terrain en oncologie

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Outre-Manche, des pharmaciens cliniciens spécialisés en oncologie initient désormais des traitements anticancéreux en autonomie, dans le cadre des pratiques avancées. Une évolution qui interroge sur le modèle français et l'avenir du rôle du pharmacien dans le parcours de soins.

En France, le pharmacien d'officine valide, dispense et accompagne les patients sous anticancéreux oraux grâce aux entretiens pharmaceutiques remunérés. Au Royaume-Uni, certains pharmaciens font un pas de plus : ils initient eux-mêmes les prescriptions en oncologie, dans le cadre du statut de prescripteur indépendant (independent prescriber).

Le Pharmaceutical Journal rapporte que plusieurs NHS Trusts ont intégré des pharmaciens cliniciens prescripteurs dans leurs équipes d'oncologie, avec des résultats positifs sur la fluidité du parcours patient et la réduction des délais d'accès au traitement. Ces professionnels, formés spécifiquement, peuvent ajuster les posologies, initier des traitements de soutien et gérer les effets secondaires de façon autonome.

Ce modèle n'est pas transposable tel quel en France : le statut de pharmacien prescripteur indépendant n'existe pas dans le droit commun national. Les pharmaciens à pratiques avancées (IPA côté infirmier, mais pas encore côté pharmacien au sens strict) restent un chantier ouvert. La pharmacie clinique hospitalière française s'en rapproche, mais l'officine reste en dehors de ce périmètre.

Pourquoi s'y intéresser quand même ? Parce que ce modèle britannique alimente directement le débat européen sur le périmètre d'exercice du pharmacien. Et parce que les entretiens pharmaceutiques sur anticancéreux oraux, déjà en place en France, sont précisément la porte d'entrée vers une reconnaissance accrue du rôle clinique du pharmacien d'officine.

Autrement dit : ce que le Royaume-Uni fait aujourd'hui en milieu hospitalier, la France pourrait l'envisager demain en officine de ville, à mesure que les négociations conventionnelles avancent sur la réforme de la rémunération.

L'impact au comptoir ? Pas demain matin. Mais connaître ces évolutions, c'est être capable d'argumenter sur la valeur ajoutée du pharmacien dans le parcours oncologique, et de peser dans les discussions locales avec les prescripteurs et les équipes hospitalières.