7 pistes pour que l'officine soit payée autrement qu'à la boîte

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Les missions officinales réalisent déjà 46 % de la croissance de la marge remboursable, mais représentent moins de 1 % de la rémunération officinale globale. Le Moniteur des Pharmacies détaille sept pistes pour rémunérer l'officine autrement qu'au volume : une ordonnance mieux payée, un honoraire à l'intervention pharmaceutique ou encore un forfait structure.

46 % de la croissance de la marge remboursable. C'est ce que réalisent déjà les missions officinales, selon Le Moniteur des Pharmacies. Et pourtant, elles représentent moins de 1 % de la rémunération officinale globale. La rémunération de l'officine reste fortement liée à la boîte.

Le contexte. En 2025, les honoraires de dispensation ont totalisé 4,255 milliards d'euros sur 7,549 milliards de rémunération globale, et l'honoraire à la boîte reste de loin le plus rémunérateur, avec 2,565 milliards. Or le réseau a perdu plus de 40 millions de boîtes en 2025, et les médecins sont désormais incités économiquement à diminuer les volumes prescrits. D'où la question posée par le Moniteur : comment adapter le modèle de l'officine à la baisse des volumes et à l'évolution des missions ?

Sept pistes sont sur la table. Côté honoraires : mieux rémunérer le traitement de l'ordonnance, payé aujourd'hui 61 centimes, pour se décorréler des volumes ; remplacer l'honoraire complexe, en perte de vitesse (à peine 25 millions d'euros en 2025), par un honoraire lié aux patients en affection longue durée ; créer un honoraire à l'intervention pharmaceutique. Côté remises génériques et biosimilaires : un dispositif plus clair, les inspecteurs de l'IGAS et de l'IGF proposant que les remises soient notifiées au Comité économique des produits de santé (CEPS), et un partage plus équitable des économies. Côté Rosp : une Rosp supplémentaire pour inciter les pharmaciens à conduire des entretiens. Enfin, un forfait structure, piste reprise par la mission conjointe IGAS-IGF, qui servirait de tampon le temps de stabiliser la réforme. Pour l'USPO, il n'a pas vocation à devenir une « perfusion ».

Concrètement, qu'est-ce que ça change pour toi ? Pour l'instant, rien : ce sont des pistes, pas des mesures actées. Mais la plupart vont dans le même sens : faire dépendre une partie de la rémunération de l'ordonnance, des patients suivis et de l'intervention du pharmacien, plutôt que du seul nombre de boîtes.

Demain matin au comptoir : si tous les entretiens pharmaceutiques conventionnés ne sont pas encore déployés chez toi, c'est le chantier à lancer. Ils sont déjà facturables, et l'une des sept pistes vise justement à inciter à les conduire.

Correction du 24 octobre 2026 : cet article indiquait que les missions représentent moins de 10 % du chiffre d'affaires, et présentait comme les sept pistes du Moniteur une liste de missions (orientation via Osys, tension artérielle, entretiens, sevrage tabagique). C'était inexact : selon Le Moniteur des Pharmacies, les missions représentent moins de 1 % de la rémunération officinale globale, et ses sept pistes portent sur la façon de rémunérer l'officine. Le titre, le résumé et le texte ont été corrigés.