Les antibiotiques existent. Le problème, c'est de les livrer au bon patient au bon moment

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Une tribune publiée sur MedCity News le dit sans détour : la crise des antibiotiques n'est pas un problème de pipeline de molécules, c'est un problème d'accès et de mise sur le marché. Un diagnostic qui interpelle directement le rôle des officines dans la chaîne.

On parle souvent de la résistance aux antibiotiques comme d'un vide de recherche. Faux, tranche une tribune publiée sur MedCity News. Les molécules existent. Le vrai goulot d'étranglement, c'est entre la découverte et le patient. Un problème de marché, pas de science.

L'argument de fond est solide. Les auteurs pointent un système où les nouveaux antibiotiques, même efficaces, ne trouvent pas preneur : les hôpitaux les gardent en réserve (logique de stewardship), les prix ne sont pas rentables pour les industriels, et les circuits de distribution ne sont pas calibrés pour les cas rares ou aigus. Résultat : des molécules approuvées qui disparaissent du marché faute de modèle économique viable.

Pour la France, le parallèle est saisissant. Les ruptures de stock d'antibiotiques sont une réalité quotidienne au comptoir. Amoxicilline, amoxicilline-acide clavulanique, certaines formes pédiatriques : la liste des tensions est longue. Et l'officine est en première ligne pour gérer l'insatisfaction du patient et trouver des alternatives.

La tribune va plus loin : elle plaide pour des modèles de financement découplés du volume vendu. Autrement dit, rémunérer la disponibilité d'un antibiotique critique, pas seulement sa vente. Un modèle d'abonnement ou de réserve stratégique rémunérée, à l'image de ce qui se discute dans plusieurs pays européens.

En France, l'ANSM et le gouvernement ont déjà mis en place des listes de médicaments d'intérêt thérapeutique majeur (MITM), avec des obligations de stock pour les industriels. Mais la tribune pointe que la contrainte amont ne suffit pas si le modèle économique aval reste cassé.

Pourquoi ça compte pour toi demain matin ? Parce que la prochaine rupture d'amoxicilline n'est pas une anomalie, c'est la conséquence d'un système mal calibré. Et parce que la solution, si elle arrive, passera probablement par une revalorisation du rôle de l'officine dans la gestion des stocks critiques. Ces compétences existent déjà (dispensation d'antibiotiques après TROD positif pour l'angine ou la cystite simple depuis le 19 juin 2024, substitution encadrée en cas de rupture de MITM), et c'est leur extension et leur valorisation qui est en jeu.