Hépatite B chronique : le bépirovirsen vise la guérison fonctionnelle
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Le bépirovirsen, un oligonucléotide antisens ciblant les ARN viraux du VHB, a obtenu une guérison fonctionnelle chez près d'un patient sur cinq dans deux essais de phase III. Un dossier d'AMM a été déposé. C'est une avancée majeure pour une maladie jusque-là sans guérison.
Guérir l'hépatite B chronique. Ce n'est plus un voeu pieux : c'est l'objectif que le bépirovirsen semble capable d'atteindre, du moins de façon fonctionnelle, pour une fraction significative des patients.
Le bépirovirsen est un oligonucléotide antisens, une molécule qui cible directement les ARN viraux du virus de l'hépatite B pour en bloquer la réplication. La stratégie vise ce qu'on appelle une guérison fonctionnelle, c'est-à-dire la perte de l'antigène HBs avec un ADN du VHB indétectable, maintenue 24 semaines après l'arrêt de tout traitement, sans nécessairement éradiquer totalement le virus de l'organisme. C'est l'équivalent de ce qu'on observe naturellement chez les patients qui « séroconvertissent ».
Les résultats des deux essais de phase III sont frappants : près d'un patient sur cinq a atteint cet objectif de guérison fonctionnelle. Dans une maladie où les traitements actuels (analogues nucléos(t)idiques) contrôlent la réplication virale sans guérir, c'est un changement de paradigme.
Point de vigilance clinique : des élévations des transaminases ont été observées sous traitement, imposant une surveillance biologique. Ce n'est pas un signal anodin chez des patients souvent déjà fragilisés sur le plan hépatique.
Un dossier d'autorisation de mise sur le marché a été déposé, selon les sources disponibles. Le laboratoire concerné n'est pas précisé dans les informations disponibles. L'issue de l'évaluation réglementaire déterminera les conditions d'accès en France et en Europe.
Pour rappel, l'hépatite B chronique touche environ 300 millions de personnes dans le monde, dont environ 135 000 en France selon l'estimation 2016 de Santé publique France (métropole, 18-75 ans). La majorité des patients chroniques sont sous analogues au long cours, sans perspective de fin de traitement.
Au comptoir demain matin : ce n'est pas encore dans ta LGO, mais c'est à suivre de près. Si tu as des patients sous ténofovir ou entécavir, la perspective d'une guérison fonctionnelle va changer le dialogue thérapeutique dans les prochaines années.