Rétatrutide contrefait vendu sur les réseaux : le marché noir des GLP-1 s'emballe

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Le rétatrutide, triple agoniste GLP-1/GIP/glucagon en cours de développement, se vend déjà au marché noir sous le surnom 'King Kong'. Un signal d'alarme sur l'ampleur de la demande en médicaments anti-obésité, bien avant toute AMM.

Il n'a pas encore d'AMM, il n'est pas encore commercialisé nulle part dans le monde, et pourtant il se vend déjà sur les réseaux sociaux. Le rétatrutide, molécule développée par Eli Lilly, fait l'objet d'un trafic de contrefaçons actif, surnommé 'King Kong' par les revendeurs, en référence à sa puissance annoncée sur la perte de poids.

Le rétatrutide est un triple agoniste des récepteurs GLP-1, GIP et glucagon. Dans les essais de phase 3 en cours, il affiche des résultats de perte de poids supérieurs à ce qu'ont montré le sémaglutide et le tirzépatide dans leurs études pivots respectives. C'est précisément ce positionnement de futur champion de la perte de poids qui alimente la demande, et donc le marché noir.

La situation s'inscrit dans un contexte de pénurie persistante des médicaments anti-obésité déjà commercialisés. Wegovy, Mounjaro et leurs génériques illégaux peinent à couvrir une demande mondiale en explosion. Des patients, refusant d'attendre une AMM ou un remboursement, se tournent vers des circuits non contrôlés où des produits contrefaits circulent sans aucune garantie de composition, de dosage ni de stérilité.

Pour l'officine, le risque est double. D'abord, des patients vont arriver au comptoir avec des seringues ou des stylos achetés hors circuit légal et poser des questions sur la posologie ou sur des effets indésirables. Ensuite, le pharmacien peut être confronté à des demandes de prescription ou de légitimation d'un produit qu'il ne peut ni vérifier ni délivrer.

La bonne réponse au comptoir : informer clairement que le rétatrutide n'a pas d'AMM, que les produits circulant sur les réseaux sont non contrôlés, et que les risques d'un produit contrefait injectable sont réels (infections, sous ou surdosage, excipients inconnus). L'orientation vers le médecin traitant pour une prise en charge médicalisée de l'obésité reste le seul conseil défendable.

Demain matin au comptoir : ce sujet va arriver. Briefe ton équipe sur le rétatrutide et son statut réglementaire exact : pas d'AMM, pas de délivrance possible, danger des contrefaçons. Le pharmacien reste le premier rempart contre l'automédication à risque.