Lycia Therapeutics lève 317 millions de dollars pour des molécules qui dégradent les protéines

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La biotech californienne Lycia Therapeutics entre en Bourse avec 317 millions de dollars levés lors de son IPO. Sa plateforme de dégradation de protéines extracellulaires, fondée sur les travaux d'une Prix Nobel, cible en priorité l'allergie alimentaire et l'immunologie. Un pipeline à suivre pour comprendre les thérapies de demain.

Quand la science primée par un Nobel se transforme en start-up cotée en Bourse, le pipeline de demain commence à prendre forme. Lycia Therapeutics, biotech californienne, vient de réaliser une introduction en Bourse à 317 millions de dollars, l'une des plus importantes de l'année dans le secteur biotech.

Sa technologie, baptisée LYTAC (pour Lysosome-Targeting Chimera), s'appuie sur les travaux de la chercheuse Carolyn Bertozzi, Prix Nobel de chimie 2022. Le principe est ambitieux : forcer la dégradation de protéines extracellulaires ou membranaires qui sont impliquées dans des maladies, là où les approches classiques par anticorps monoclonaux ou petites molécules se heurtent à des limites.

Le candidat le plus avancé de Lycia cible l'allergie alimentaire, en visant les IgE, les immunoglobulines au cœur des réactions allergiques sévères. Sur ce terrain, il entrerait en compétition avec l'omalizumab (Xolair), anticorps anti-IgE qui fait référence dans l'asthme allergique sévère et dont l'indication dans l'allergie alimentaire a été approuvée aux États-Unis par la FDA en février 2024.

D'autres cibles sont en développement dans le champ de l'immunologie et de l'inflammation, mais les sources (MedCity News) ne donnent pas le détail des stades de développement clinique pour chacune d'elles.

Pourquoi s'y intéresser en tant que pharmacien ? Parce que la dégradation ciblée de protéines représente une nouvelle classe thérapeutique en émergence, après les PROTAC intracellulaires déjà en essais cliniques. Si ces approches atteignent un jour les patients en ville, elles concerneront des pathologies à fort prévalence : allergies sévères, maladies auto-immunes, peut-être certains cancers.

Demain matin au comptoir : aucun changement immédiat, ces molécules sont encore loin de l'officine. Mais comprendre ce qui se joue dans les laboratoires aujourd'hui, c'est ne pas être pris de court quand les premières AMM arriveront.