Le saviez-vous ? On traitait les douleurs dentaires avec de la fumée de chènevis
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Pendant des siècles, soigner une rage de dents consistait à s'asseoir au-dessus d'un brasier et à inhaler de la fumée. La plante utilisée ? Le chènevis, autrement dit le chanvre. Et le résultat était... mitigé.
Imagine ton patient le plus douloureux, celui qui débarque un lundi matin en tenant sa joue. Au Moyen Âge, ce patient-là n'allait pas chez le dentiste. Il allait chez l'apothicaire, qui lui prescrivait une fumigation de chènevis.
Le principe était simple : on faisait brûler des graines de Cannabis sativa sur des braises, on installait le malade au-dessus du brasier, et on le laissait inhaler la fumée par la bouche ouverte, droit sur la dent douloureuse. La pratique est documentée dès l'Antiquité mésopotamienne, vers 2000 avant notre ère, dans des tablettes cunéiformes qui décrivent des « vers de dents » à chasser par la chaleur et la fumée.
Le twist, c'est que cette théorie du « ver de dent » a dominé la dentisterie pendant près de quatre millénaires. On croyait sincèrement qu'un petit ver invisible creusait la cavité. La fumée était censée le tuer ou le faire fuir. En réalité, les propriétés légèrement analgésiques et antispasmodiques du chanvre apportaient sans doute un soulagement partiel, mais aucun ver ne sortait évidemment de la dent.
Au XVIIe siècle, le dentiste Pierre Fauchard, considéré comme le père de la dentisterie moderne, fut l'un des premiers à démolir publiquement la théorie du ver, dans son traité de 1728. Il expliqua que la carie était une destruction progressive des tissus durs de la dent, sans aucun parasite impliqué. Un scandale pour l'époque.
Aujourd'hui, les cannabinoïdes font un retour remarqué dans la recherche en odontologie. Plusieurs études explorent le CBD comme anti-inflammatoire adjuvant dans la gestion de la douleur post-extractionnelle. La boucle est bouclée : du brasier médiéval aux gélules de CBD au comptoir, le chanvre n'a jamais vraiment quitté la dent.