Le saviez-vous ? On soignait la dépression post-partum avec de l'opium pour nourrissons
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Au XIXe siècle, les mères épuisées n'étaient pas les seules à recevoir un remède. Leurs bébés pleurant la nuit se voyaient administrer des sirops à l'opium... pour que tout le monde dorme. Une pratique courante, légale, et redoutablement efficace, jusqu'au drame.
En 1840, une mère anglaise qui ne dormait plus depuis des semaines recevait un conseil simple de son médecin : donner quelques gouttes de laudanum au nourrisson le soir. Le laudanum, c'était de l'opium dissous dans de l'alcool, en vente libre chez tous les pharmaciens de l'époque.
Les sirops pour bébés avaient des noms rassurants : Godfrey's Cordial, Mrs Winslow's Soothing Syrup, Atkinson's Infants' Preservative. Ils étaient vendus comme des bonbons, sans ordonnance, sans dosage précis. Une bouteille coûtait quelques pennies et promettait de calmer les coliques, les poussées dentaires et les pleurs nocturnes en moins d'une heure.
Ca marchait très bien. Peut-être trop bien. En 1868, un médecin britannique publie une étude alarmante : dans les quartiers ouvriers de Nottingham, un enfant sur trois mourait avant l'âge de un an. Il pointe directement ces sirops. Une dose adulte dans un tout petit corps fragile pouvait provoquer une dépression respiratoire foudroyante. On appelait ca, sans sourciller, un "sommeil tranquille".
Le twist terrible : ces produits n'étaient pas forcément donnés par négligence. Les mères ouvrières travaillaient 12 heures par jour en usine. Elles n'avaient pas d'autre option pour gérer un bébé sans surveillance. Le sirop d'opium était, pour beaucoup, la seule forme de garde accessible.
La pression des médecins et les premières lois pharmaceutiques britanniques (Pharmacy Act de 1868, puis Sale of Food and Drugs Act de 1875) ont progressivement obligé les fabricants à étiqueter leurs produits. Aux États-Unis, il faudra attendre 1906 et le Pure Food and Drug Act pour commencer à encadrer ces pratiques.
Aujourd'hui, quand un parent arrive au comptoir en cherchant quelque chose pour calmer son bébé la nuit, le pharmacien joue un rôle essentiel : orienter sans danger. Un rôle que personne ne jouait vraiment en 1850.