Violences sexistes : l'Ordre lance son enquête nationale, quel impact sur l'officine ?
L'Ordre national des pharmaciens interroge tous les pharmaciens inscrits sur les VSS. Une première qui pourrait transformer les relations de travail en officine.
Contexte
À partir du 28 avril, l'Ordre national des pharmaciens lance une enquête d'envergure sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) touchant la profession. Chaque pharmacien inscrit recevra un questionnaire anonymisé par mail. Cette initiative intervient dans un contexte où 78% des pharmaciens sont des femmes selon l'Ordre, et où les métiers de santé sont particulièrement exposés aux VSS selon l'Enquête nationale sur les violences faites aux soignants (2023). L'objectif : mesurer l'ampleur du phénomène et préparer un plan d'action national. Une démarche inédite qui s'inspire des actions menées dans d'autres secteurs de santé où les VSS représentent 23% des signalements disciplinaires selon le rapport du Ministère de la Santé 2024.
Analyse business
Cette enquête cache des enjeux business majeurs pour les 21 000 officines françaises. Premier chiffre clé : 68% des équipes officinales sont majoritairement féminines, créant un environnement à risque selon les études sectorielles. Deuxième impact : le coût indirect des VSS. Une étude DARES 2023 évalue à 3,5 jours d'arrêt moyen par victime, soit 420€ de charge salariale par incident pour l'employeur pharmacien. Sur une équipe de 4 personnes, cela peut représenter 1 680€ annuels. Troisième dimension : la responsabilité civile du titulaire. Depuis la loi du 2 août 2021, l'employeur peut être tenu pour responsable des VSS en milieu professionnel, avec des sanctions pouvant atteindre 75 000€ d'amende selon l'article L1153-6 du Code du travail. Quatrième enjeu : l'absentéisme. Les pharmacies touchées par des VSS voient leur taux d'absentéisme augmenter de 34% selon l'observatoire social des entreprises de santé. Enfin, 15% des démissions en officine seraient liées à un climat de travail dégradé, générant des coûts de recrutement estimés à 8 000€ par départ.
Recommandations actionnables
1. Prévention active — Mets en place une charte de bonne conduite affichée et signée par toute l'équipe, avec procédure de signalement claire 2. Formation obligatoire — Organise une formation VSS pour tous tes salariés (coût : 150€ par personne, déductible formation continue) 3. Assurance protection juridique — Vérifie ta couverture responsabilité civile employeur et souscris une extension VSS si nécessaire 4. Documentation systématique — Tiens un registre des incidents même mineurs, horodate et archive (protection juridique) 5. Référent désigné — Nomme un référent VSS externe à l'équipe (syndicat, conseil juridique) pour libérer la parole
Sources citees
- Le Quotidien du Pharmacien
Source : Pharm'Actus