Groupements : la Sécu dénonce une captation économique sans impact santé

Le directeur de la Sécurité sociale épingle la part croissante des groupements dans la chaîne de valeur officinale lors des rencontres USPO.

Contexte

Coup de semonce de la Sécurité sociale contre les groupements de pharmacies. Lors des 16es Rencontres de l'USPO, le directeur de la Sécurité sociale a directement mis en cause la montée en puissance des groupements dans l'économie officinale. Son reproche ? Une « captation économique déconnectée de l'impact en santé publique ». Cette sortie intervient dans un contexte tendu où les négociations conventionnelles se durcissent et où l'Assurance maladie scrute de plus en plus les marges officinales. Les groupements, qui représentent aujourd'hui plus de 60% des pharmacies françaises selon les derniers chiffres de l'Ordre, se retrouvent dans le viseur des pouvoirs publics. L'USPO a tenté de nuancer cette attaque frontale en défendant le rôle des groupements dans l'accompagnement des pharmaciens, mais le message est clair : l'Assurance maladie questionne ouvertement la répartition de la valeur dans la chaîne officinale.

Analyse business

Cette sortie révèle une tension majeure sur l'économie officinale. Les groupements captent en effet une part croissante de la marge officinale : entre 3% et 8% du chiffre d'affaires selon les contrats, soit 15 000 à 40 000€ annuels pour une pharmacie moyenne à 500 000€ de CA. Sur les 21 000 pharmacies françaises, plus de 12 600 sont désormais rattachées à un groupement (60% du parc), contre 45% il y a 5 ans. Cette progression inquiète l'Assurance maladie qui y voit une « financiarisation » sans contrepartie sanitaire mesurable. Le timing de cette attaque n'est pas anodin : elle intervient alors que les négociations sur les honoraires de dispensation patinent et que l'LFSS 2027 prévoit 200M€ d'économies supplémentaires sur le médicament. En ciblant les groupements, la Sécu cherche à justifier la pression sur les marges en pointant les « intermédiaires » qui n'apportent pas de valeur directe au patient. Pour les pharmaciens, c'est un signal d'alarme : leur modèle économique pourrait être remis en cause si les pouvoirs publics considèrent que trop de valeur s'évapore en amont de l'acte pharmaceutique.

Recommandations actionnables

1. Audit de rentabilité — Calcule précisément ce que te coûte ton groupement vs ce qu'il t'apporte (référencement, formation, IT) pour justifier le ROI auprès des contrôleurs. 2. Documentation des plus-values — Constitue un dossier détaillé des services santé apportés grâce à ton groupement (formations, protocoles, outils de suivi patients) pour démontrer l'impact sanitaire. 3. Négociation des commissions — Profite du contexte pour renégocier à la baisse tes commissions groupement, en mettant en avant la pression réglementaire. 4. Diversification des revenus — Développe tes missions de santé publique (ROSP, entretiens, vaccinations) pour compenser une éventuelle remise en cause des marges traditionnelles. 5. Veille réglementaire — Surveille les prochaines négociations conventionnelles où cette question des groupements pourrait ressurgir dans les discussions sur la répartition de la marge officinale.

Sources citees

- Le Quotidien du Pharmacien

Source : Pharm'Actus