Neuroleptiques : l'ANSM te rappelle que la constipation peut tuer

L'ANSM alerte sur les constipations sévères sous neuroleptiques après de nouveaux cas graves. Tous les antipsychotiques sont concernés, du Risperdal au Solian. Check systématique des interactions et conseils hygiéno-diététiques obligatoires à chaque délivrance.

L'ANSM sort une nouvelle alerte sur un effet indésirable qu'on a tendance à banaliser : la constipation sous neuroleptiques.

Tous les antipsychotiques sont dans le viseur. Haloperidol, rispéridone, olanzapine, aripiprazole... La liste est longue et le mécanisme anticholinergique bien connu. Mais visiblement, on sous-estime encore trop souvent la gravité potentielle.

L'Agence rappelle deux points critiques pour le comptoir. Premier réflexe : vérifier systématiquement les interactions avec tout médicament à effet anticholinergique. Les antidépresseurs tricycliques, les antihistaminiques H1, les antiparkinsoniens... L'effet cumulatif peut vite devenir dangereux.

Deuxième point non négociable : les conseils hygiéno-diététiques à chaque délivrance. Hydratation renforcée, fibres alimentaires, activité physique adaptée. Et surtout, expliquer au patient quand s'inquiéter. Une constipation qui dure plus de 3 jours nécessite une consultation.

L'ANSM insiste particulièrement sur les populations à risque : personnes âgées, patients poly-médiqués, antécédents gastro-intestinaux. Chez eux, la surveillance doit être renforcée dès l'instauration du traitement.

Concrètement, ça change quoi demain matin ? Check systématique des interactions dans ton LGO à chaque dispensation de neuroleptique, et conseil standardisé sur la prévention de la constipation. Un réflexe qui peut éviter des complications graves.

Source : Le Quotidien du Pharmacien