Fonds d'investissement dans les officines : l'Assemblée nationale veut surveiller de près

Les députés tirent la sonnette d'alarme sur la montée en puissance des fonds d'investissement dans le capital des pharmacies. L'Ordre des pharmaciens pourrait se voir confier un droit de regard renforcé. Une question qui touche directement à l'indépendance du réseau officinal.

Les fonds d'investissement ont trouvé les officines. Et l'Assemblée nationale commence à trouver ça un peu trop.

Un rapport parlementaire récent pointe la progression des capitaux financiers dans les pharmacies françaises, au même titre que dans d'autres professions de santé réglementées. Les députés ne mâchent pas leurs mots : les pharmacies sont des infrastructures de santé stratégiques. Pas des cibles pour du private equity.

Ce que le rapport propose concrètement : donner à l'Ordre des pharmaciens la capacité de consulter — et potentiellement de s'opposer — aux montages financiers qui permettent à des fonds d'entrer au capital des structures officinales. Une surveillance renforcée des investisseurs, donc. Pas encore un verrou, mais une main sur la poignée.

Pourquoi ça compte pour toi, pharmacien titulaire ? Parce que la question de qui détient réellement le capital de ton confrère d'en face n'est pas anodine. Quand un fonds entre, la logique de rentabilité à court terme entre avec lui. Et la mission de santé publique, elle, peut sortir par la fenêtre.

On a déjà vu le schéma se déployer chez les médecins, les kiné, les infirmiers. Les officines résistaient mieux grâce aux règles de détention capitalistique réservées aux pharmaciens. Mais les montages en SCI, en holdings, en droits de préférence déguisés ont commencé à contourner ces garde-fous.

L'Ordre est mentionné comme gardien potentiel. C'est cohérent avec son rôle, mais ça suppose qu'il ait les moyens de jouer ce rôle : accès aux informations financières, délais d'instruction, capacité de recours. Autant de questions que le rapport soulève sans encore y répondre totalement.

Au comptoir demain matin ? Pas de changement immédiat. Mais si tu envisages une cession, une association, ou une restructuration capitalistique, surveille de près l'évolution de ce dossier. Les règles du jeu pourraient changer plus vite que prévu. Et si un fonds frappe à ta porte, sache que l'Assemblée nationale a maintenant un œil dessus.

Source : Le Moniteur des Pharmacies