Protections périodiques remboursées : enfin un début de concrétisation pour les officines

Annoncée en mars 2023 par Élisabeth Borne, la prise en charge des protections périodiques réutilisables avance — même sans cadre définitif totalement bouclé. Les pharmacies sont appelées à se préparer pour les moins de 26 ans et les bénéficiaires de la CSS. Un signal positif pour la mission de santé des femmes à l'officine.

Ça avance. Lentement, certes. Mais ça avance.

Annoncée en grande pompe en mars 2023 par la Première ministre Élisabeth Borne, la prise en charge par l'Assurance maladie des protections périodiques réutilisables était initialement attendue en 2024. On est en 2026 et le cadre définitif n'est toujours pas totalement finalisé. Pourtant, les pharmacies sont désormais appelées à se préparer à dispenser ces produits dans le cadre du remboursement.

La mesure cible deux populations bien définies : les jeunes femmes de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS). Deux catégories dont la précarité menstruelle est documentée et qui se présentent régulièrement à ton comptoir.

Pourquoi c'est une bonne nouvelle pour l'officine ? Plusieurs raisons. D'abord, ça positionne la pharmacie comme acteur incontournable de la prise en charge de la santé des femmes — un rôle qu'on assume déjà de facto mais rarement reconnu officiellement et financièrement. Ensuite, ça crée un flux de patientes supplémentaire avec un acte de dispensation valorisé.

Le flou subsiste sur le détail des modalités : quels produits exactement, quel prix limite de remboursement, quel circuit de commande, quelle marge officinale. Ces questions ne sont pas anodines. On connaît le refrain : la mesure est annoncée, les officines doivent être prêtes, mais le cadre réglementaire précis arrive avec retard. C'est le schéma classique.

Ce qu'il faut surveiller maintenant : la parution des textes d'application (décret ou arrêté tarifaire), la mise à jour du référentiel produits dans les logiciels de caisse, et les modalités de tiers payant. Autant d'étapes sans lesquelles la belle annonce politique reste lettre morte au comptoir.

Demain matin ? Commence par identifier dans ton assortiment les protections périodiques réutilisables déjà disponibles. Et tiens-toi prêt à intégrer ce nouveau flux dès que les textes tombent. C'est un acte de santé publique — et potentiellement un honoraire de dispensation à ne pas rater.

Source : Le Moniteur des Pharmacies