Migraine : une nouvelle cible anti-PACAP entre en jeu avec 46 millions dans la poche

Vedana Therapeutics sort de sa phase stealth avec 46 millions de dollars pour développer des thérapies anti-PACAP contre la migraine. Une approche différente des triptans et des anti-CGRP déjà bien installés. À surveiller pour le futur arsenal thérapeutique de l'officine.

Un nouveau challenger arrive dans la migraine. Et il ne vise pas les mêmes cibles que ce qu'on connaît déjà.

Vedana Therapeutics vient de sortir du mode stealth avec 46 millions de dollars de financement en seed round, soutenu notamment par Westlake. L'objectif : développer des thérapies ciblant le PACAP — Pituitary Adenylate Cyclase-Activating Polypeptide, pour les fans de biochimie — un neuropeptide impliqué dans la physiopathologie des crises migraineuses.

Pourquoi c'est intéressant ? On a déjà les triptans — efficaces mais avec leurs contre-indications cardiovasculaires. On a les anti-CGRP (érenumab, fremanezumab, galcanezumab) — une vraie révolution dans la migraine chronique, désormais bien implantés en ville. Mais entre 30 et 40% des patients migraineux ne répondent pas de manière satisfaisante à ces approches. C'est là que l'anti-PACAP peut s'inscrire.

Le PACAP est un neuropeptide vasoactif dont les taux augmentent lors des crises. Des études cliniques antérieures ont montré que son administration peut déclencher une migraine chez des patients susceptibles. Bloquer son récepteur (PAC1 ou VPAC) pourrait donc couper court à la cascade inflammatoire neurovasculaire à l'origine de la douleur.

Plusieurs acteurs exploraient déjà cette piste — Lundbeck avait un anticorps anti-PAC1 en développement avant d'en réduire la voilure. Vedana arrive avec une approche renouvelée et un financement solide pour aller jusqu'en phase clinique.

Ce que ça change pour l'officine à terme : les anti-CGRP ont transformé la prise en charge de la migraine sévère et ont généré un flux important de patients suivis en ville avec des stylos injectables en rétrocession ou en dispensation directe selon les cas. Si l'anti-PACAP prouve son efficacité chez les non-répondeurs aux anti-CGRP, c'est un nouveau segment de patientèle à accompagner — avec les consultations d'éducation thérapeutique et les bilans de médication qui vont avec.

On est encore loin de l'AMM. Mais 46 millions de dollars en seed, ça permet d'aller vite jusqu'en phase 2. Horizon estimé pour les premières données cliniques : 2028-2029. À mettre dans ta veille pipeline.

Source : BioPharma Dive