90 % des soins non programmés réglés à l'officine, sans médecin : l'étude qui change tout

L'étude PhORGE le prouve en chiffres : 9 patients sur 10 qui poussent ta porte pour un soin non programmé repartent sans passer par la case médecin. Et les orientations aux urgences ? 1 % seulement. C'est le argument béton pour défendre la place de l'officine dans le système de soins.

9 patients sur 10 pris en charge. Sans médecin. Sans urgences. Directement à l'officine.

L'étude PhORGE vient de poser des chiffres concrets sur ce que tu fais déjà au quotidien sans forcément le mesurer. Sur 4 811 demandes de soins non programmés analysées, 90 % ont été gérées intégralement à l'officine. Les orientations vers les urgences : 1 % à peine.

Ca te rappelle quelque chose ? Bien sûr. C'est ton mardi matin classique : la plaie à désinfecter, le nourrisson fébrile de la maman paniquée, la toux qui traîne depuis 10 jours, la cheville tordue du lycéen. Tu l'as toujours fait. Maintenant, c'est documenté.

Ce qui change avec cette étude, c'est le poids politique de la démonstration. Dans un contexte de désertification médicale et de saturation des urgences, l'officine absorbe en silence une part massive des demandes de premier recours. Sans honoraire dédié systématique, sans reconnaissance tarifaire proportionnelle, sans même un numéro de code acte dans la nomenclature pour la majorité de ces prises en charge.

Parce que c'est là que le bât blesse. Gérer 90 % des soins non programmés, c'est formidable pour le système. Mais est-ce que ça se traduit en rémunération pour l'équipe ? Pas automatiquement. Les nouvelles missions (entretiens, bilans, TROD) ont ouvert des honoraires spécifiques via la convention, mais la prise en charge de premier recours au sens large reste largement dans la zone grise du conseil non rémunéré.

L'étude PhORGE devient donc un outil de lobbying aussi bien qu'un outil de terrain. Les syndicats, l'Ordre, les fédérations ont maintenant un chiffre massif et sourcé pour peser dans les prochaines négociations conventionnelles. 90 %, ça ne se discute pas.

Demain matin au comptoir : rappelle à ton équipe que chaque prise en charge de soin non programmé, aussi banale qu'elle semble, est une donnée qui compte. Tracez, consignez, orientez avec méthode. Et si tu n'as pas encore structuré ta démarche de soins non programmés, c'est le moment. La data existe. La légitimité aussi.

Source : Le Moniteur des Pharmacies