Testostérone Besins en tension : l'ANSM te dit clairement non à Androtardyl

Des substitutions inappropriées entre Testostérone Besins et Androtardyl ont été signalées à l'officine. L'ANSM tape du poing sur la table : ces deux spécialités ne sont pas interchangeables. Dosages différents, schémas d'administration différents, conséquences cliniques potentielles.

Une tension de stock qui pousse à improviser, ça arrive. Mais improviser avec la testostérone injectable, c'est une autre histoire.

L'ANSM vient d'alerter sur des cas de délivrance d'Androtardyl en substitution d'une prescription de Testostérone Besins. Et non, ce n'est pas une substitution acceptable. Ces deux spécialités n'ont ni le même dosage ni le même schéma d'administration. L'une est une solution huileuse à 250 mg/mL pour injection IM toutes les 3 à 4 semaines, l'autre a ses propres modalités. Confondre les deux, c'est exposer le patient à un déséquilibre hormonal potentiellement symptomatique.

Ca te rappelle quelque chose ? La tentation de combler une rupture avec ce qu'on a sous la main est humaine. Mais sur les formes injectables à libération prolongée, le principe d'équivalence thérapeutique ne s'applique pas à l'aveugle. Ici, il n'y a pas d'AMM croisée, pas de données de bioéquivalence validées entre ces deux formes.

Concrètement, que faire face à une prescription de Testostérone Besins en rupture ? Premièrement, tu contactes le prescripteur. Pas tu substitues, tu contactes. C'est lui qui adapte la prescription ou oriente vers une alternative validée. Deuxièmement, tu documentes le contact dans le DP et dans ton logiciel. Troisièmement, tu ne délivres pas Androtardyl sans nouvel ordonnance adaptée.

Le contexte global des tensions d'approvisionnement ne change pas les règles de sécurité du médicament. Ce n'est pas parce qu'une spécialité est difficile à trouver qu'on bascule sur une autre du même DCI sans vérification. Le DCI commun (testostérone) ne suffit pas à garantir l'interchangeabilité entre formes injectables de cinétiques différentes.

L'ANSM ne publie pas ce type d'alerte pour remplir ses colonnes. Des cas ont été signalés, des patients ont été exposés. Le signal est réel.

Demain matin au comptoir : si Testostérone Besins est en rupture dans ta commande, tu ne proposes pas Androtardyl en automatique. Tu décroches ton téléphone. C'est dix minutes qui évitent potentiellement une iatrogénie documentée dans le prochain rapport de pharmacovigilance.

Source : Le Quotidien du Pharmacien