Soins non programmés en officine : 5 000 demandes analysées, les chiffres parlent enfin

L'URPS pharmaciens Grand Est a compilé près de 5 000 demandes de soins non programmés reçues en officine. Résultat : les pharmacies absorbent une charge réelle de premier recours, documentée, chiffrée. Exactement ce dont la profession a besoin pour peser dans le débat sur le désengorgement des urgences.

Enfin des données. Pas des intuitions de terrain, pas des anecdotes de comptoir. Des chiffres.

L'URPS pharmaciens Grand Est vient de publier une étude basée sur près de 5 000 demandes de soins non programmés reçues dans des officines volontaires de la région. Et le constat est sans appel : les pharmacies gèrent un flux massif et réel de premier recours, qui désengorge de facto les urgences et les cabinets médicaux surchargés.

C'est une bonne nouvelle pour plusieurs raisons. D'abord parce que c'est documenté. Dans les négociations avec l'Assurance Maladie, les ARS ou le Parlement, un chiffre régional solide vaut mille discours. Ensuite parce que ça valide ce que vous vivez au quotidien : le comptoir est devenu une porte d'entrée dans le système de soins, qu'on le veuille ou non.

Que couvrent ces demandes non programmées ? Sans surprise : petites plaies et traumatismes, douleurs aiguës, questions médicamenteuses urgentes, orientation vers le bon interlocuteur. Des actes que la profession est formée à gérer, et qui évitent des passages inutiles aux urgences ou des appels au 15 pour des situations bénignes.

Le contexte politique rend cette étude encore plus précieuse. Le gouvernement cherche à désengorger les urgences, les CPTS se structurent, la question du premier recours est sur toutes les lèvres. Avoir des données régionales quantifiées, c'est un levier de négociation concret pour les représentants professionnels (FSPF, USPO, UNPF) qui poussent pour une reconnaissance et une rémunération de ces actes.

Et devinez quoi ? Ces 5 000 demandes, c'est une région, sur une période délimitée, avec des officines volontaires. Le chiffre national extrapolé donne le vertige. On parle potentiellement de plusieurs millions d'actes de premier recours non rémunérés, absorbés en silence par le réseau officinal.

Demain matin au comptoir : rien ne change immédiatement dans ta pratique. Mais si ton URPS ou ton syndicat te demande de participer à ce type de recueil de données, dis oui. C'est ta contribution directe à l'argumentaire qui servira à faire reconnaître et rémunérer ce que tu fais déjà.

Source : Le Quotidien du Pharmacien