THM : 500 000 femmes sous traitement en 2025, la tendance s'inverse enfin

Après dix ans de méfiance post-études WHI et Million Women, le traitement hormonal de la ménopause repart à la hausse en France. Epi-Phare publie les chiffres 2025 : près de 500 000 femmes traitées, recours majoritaire à la voie transdermique et à la progestérone naturelle. Une bonne nouvelle pour les patientes, et un sujet de comptoir à saisir.

Le THM avait pris un sacré coup dans les années 2000. Les études américaines sur les estrogènes conjugués équins avaient affolé les prescripteurs, les patientes, et mis le sujet sous cloche pendant une décennie. En France, c'est reparti.

Epi-Phare, le groupement d'intérêt scientifique co-piloté par la CNAM et l'ANSM, vient de publier un état des lieux du recours au THM en France sur la période 2012-2025. Les chiffres sont clairs : après une baisse continue jusqu'en 2022, la tendance s'est inversée. En 2025, près de 500 000 femmes ont reçu une prescription de traitement hormonal de la ménopause.

Ce qui est intéressant dans ces données, c'est le profil de ce qui est prescrit. La voie transdermique domine. Et côté progestatif, c'est la progestérone naturelle micronisée qui est majoritairement utilisée. Ce n'est pas un hasard : c'est le reflet de l'évolution des recommandations. Les estrogènes transdermiques ne passent pas la barrière hépatique, donc pas d'impact sur la coagulation. La progestérone naturelle a un profil de risque mammaire plus favorable que les progestatifs de synthèse. Les prescripteurs ont intégré ces nuances.

Ce regain a du sens cliniquement. La ménopause, c'est en moyenne 30 à 40 ans de vie post-ménopausique. Les symptômes vasomoteurs sévères, l'ostéoporose précoce, la qualité de vie : tout ça justifie une prise en charge active pour des femmes correctement sélectionnées.

Ton rôle au comptoir ? Il est central. Tu es souvent le premier interlocuteur quand une patiente hésite, quand elle a lu des articles alarmistes, quand elle veut savoir si son patch est "dangereux". Rappelle que le profil de risque varie énormément selon la voie d'administration, le type de progestatif, et le terrain individuel. Le message "THM = cancer" est une simplification qui a fait des dégâts.

Demain matin au comptoir : si une patiente te demande si elle peut prendre son THM avec la canicule, la réponse c'est oui, aucune contre-indication liée à la chaleur. Et si elle parle de l'arrêter parce qu'elle a peur : guide-la vers son prescripteur avant toute décision.

Source : Le Quotidien du Pharmacien