Canicule, 1 000 morts en trois jours : le comptoir comme premier rempart, encore et toujours
Santé publique France publie un premier bilan provisoire : au moins 1 000 décès supplémentaires en trois jours par rapport à la normale lors de l'épisode caniculaire de fin juin 2026. Les urgences parisennes commencent à souffler légèrement. L'officine, elle, a été en première ligne - comme à chaque fois.
Mille morts en trois jours. Chiffre provisoire, et déjà vertigineux.
Santé publique France a publié son premier bilan de l'épisode caniculaire exceptionnel de fin juin 2026 : au moins 1 000 décès supplémentaires par rapport à la normale, sur une période de trois jours. L'agence précise elle-même que ces données sont "partielles" et "sous-estiment le nombre total de décès". Le vrai bilan sera connu dans quelques semaines, par analyse rétrospective de la surmortalité.
Les urgences de l'AP-HP ont enregistré plus de 2 650 passages en 24 heures au pic, avant une première baisse de 10 % dimanche. Ce recul est encourageant. Mais il ne doit pas faire oublier que pendant tout cet épisode, des milliers de Français se sont d'abord adressés à leur pharmacie avant - ou à la place - d'aller aux urgences.
C'est ça la bonne nouvelle, et elle mérite d'être nommée clairement : le réseau officinal a tenu. Ouvert, accessible sans rendez-vous, capable de trier les situations urgentes des situations gérables. Hydratation orale, conseils sur les signes d'alerte, orientation vers le 15, suivi des personnes âgées isolées : tout ça s'est passé au comptoir, sans protocole spécifique, juste avec du bon sens clinique et de l'engagement humain.
Le bilan de la canicule 2003 (15 000 morts en France) avait conduit à la création du plan canicule national. Vingt ans plus tard, les outils existent - numéro CHALEX, plan bleu en EHPAD, registre canicule. Mais la réalité au comptoir, c'est que les préparateurs et pharmaciens ont géré des patients désorientés, déshydratés, parfois abandonnés par leur entourage, sans autre ressource immédiate que la pharmacie du coin.
Demain matin, si la chaleur revient : garde un stock de SRO et de solutions de réhydratation, repère les patients fragiles de ta patientèle sous diurétiques ou IEC, et n'hésite pas à appeler directement une famille si tu as un doute sur un patient isolé. C'est pas dans la convention. Mais c'est le métier.
Source : France Info Santé