Aspirine gastro-résistante en rupture : ce que tu peux faire légalement dès maintenant
Resitune 75 mg et 100 mg en galénique gastro-résistante est en difficulté de production. L'ANSM t'autorise à substituer entre les deux dosages à base d'acide acétylsalicylique. Voilà ce que ça implique concrètement au comptoir.
Resitune, c'est l'aspirine gastro-résistante que tes patients cardiaques prennent tous les jours. Et là, ça coince en production.
L'ANSM vient de publier une autorisation officielle permettant aux pharmaciens de remplacer les spécialités à base d'acide acétylsalicylique gastro-résistant 75 mg et 100 mg entre elles, indépendamment du dosage exact prescrit. Autrement dit, si tu as du 100 mg en stock et que l'ordonnance porte du 75 mg - ou l'inverse - tu peux substituer sans recontacter le prescripteur, dans le respect des conditions fixées par l'Agence.
Ca te rappelle quelque chose ? Oui, c'est le même mécanisme que pour les pénuries de médicaments à base de lévothyroxine ou de méthotrexate. L'ANSM sort un avis circonstancié, elle te donne le feu vert explicite, et c'est TOI qui assures la continuité du traitement.
Attention cependant : on ne parle ici que des formes GASTRO-RÉSISTANTES. L'aspirine à croquer, effervescente ou en comprimé standard n'entre pas dans ce cadre. Et on ne parle évidemment pas des usages antalgiques ou antipyrétiques - on est sur la population cardiologique sous antiagrégant plaquettaire, souvent polypathologique, souvent anticoagulée en parallèle.
Pour ces patients, l'enjeu n'est pas cosmétique. Une rupture de traitement antiagrégant, même de quelques jours, peut exposer à un risque thrombotique réel, notamment chez les porteurs de stent coronarien récent. C'est pour ça que l'ANSM a réagi vite.
Côté pratique : documente bien la substitution dans le DP. Note le dosage délivré et le dosage prescrit. Informe le patient simplement - "même molécule, même forme gastro-résistante, dosage légèrement différent, même efficacité" - et rassure-le. Pas besoin d'appeler le cardiologue pour chaque dossier, mais si le patient est sous antiagrégant dual ou en post-stent récent, un petit mot au prescripteur ne fait jamais de mal.
Demain matin au comptoir : vérifier tes stocks de gastro-résistant toutes marques confondues, identifier les patients Resitune dans ton DP, et anticiper les renouvellements avant que la rupture te tombe dessus en pleine file d'attente.
Source : Le Quotidien du Pharmacien