Déserts dentaires : des pharmaciens prennent en charge les urgences, et ça marche
En Creuse, onze officines participent à un protocole de coopération qui permet aux pharmaciens formés de gérer certaines urgences dentaires. Tests à la percussion, antibiothérapie ciblée : un exemple concret de ce que l'officine peut apporter là où les autres soignants sont absents.
Onze officines. Un département. Et une réponse concrète aux déserts dentaires. En Creuse, des pharmaciens formés peuvent désormais prendre en charge certaines urgences dentaires dans le cadre d'un protocole de coopération interprofessionnel. C'est la bonne nouvelle du jour, et elle mérite qu'on s'y arrête.
Le principe : en l'absence d'accès rapide à un chirurgien-dentiste, le pharmacien réalise une évaluation clinique protocolisée. Tests à la percussion, tests au froid, évaluation de la douleur. Sur la base de ce bilan, il peut être habilité à initier une antibiothérapie selon des critères définis dans le protocole. Tout ça, encadré, tracé, coordonné.
C'est exactement ce que la profession réclame depuis des années : être reconnue pour sa capacité à faire plus que dispenser, dans des territoires où les patients n'ont plus d'autre porte à laquelle frapper. La Creuse, c'est 116 000 habitants, une densité médicale parmi les plus faibles de France, et des délais d'attente chez le dentiste qui se comptent en semaines.
Précision importante : on parle d'un protocole de coopération au sens de l'article L. 4011-1 du Code de la santé publique. Ce n'est pas une autorisation nationale généralisée. C'est une expérimentation locale, autorisée et encadrée, qui nécessite une formation spécifique des pharmaciens participants. Ne va pas demain matin faire un test de percussion sans ce cadre : ce serait hors périmètre légal.
Mais voilà ce que ça prouve : le pharmacien formé, dans un cadre protocolisé avec les autres professionnels de santé, peut être un maillon fiable de la gestion de premier recours. L'urgence dentaire, c'est douloureux, c'est anxiogène, c'est parfois infectieux. Et l'officine peut être le premier filet de sécurité.
Demain matin, le message positif : ce type d'expérimentation, si elle fait ses preuves, peut essaimer. Et c'est ça, l'avenir de l'officine de proximité : être utile là où personne d'autre n'est là.
Source : Le Moniteur des Pharmacies