Cannabinoïdes de synthèse : 500 intoxications graves, tes ados sont en première ligne

Depuis début 2025, environ 500 cas d'intoxications aux cannabinoïdes de synthèse ont été recensés en France, principalement via des e-liquides. Les 13-18 ans sont les plus touchés et près des trois quarts des cas sont graves. La DGS sonne l'alerte.

Cinq cents intoxications, trois quarts de cas graves, des victimes principalement entre 13 et 18 ans. Ce ne sont pas les chiffres d'une expérimentation anecdotique. C'est une tendance lourde qui arrive dans ton officine, que tu le veuilles ou non.

Les cannabinoïdes de synthèse, ce ne sont pas du cannabis. Ce sont des molécules de synthèse qui se fixent sur les mêmes récepteurs CB1/CB2, mais avec une affinité et une puissance sans commune mesure avec le THC naturel. Effets cardiaques, convulsions, pertes de conscience, états psychotiques aigus. Le tableau clinique peut être sévère, rapide et imprévisible.

Le vecteur principal repéré ici : les e-liquides pour cigarettes électroniques. Le profil de la victime type : un adolescent qui croit vapoter quelque chose de « soft ». C'est le piège. La cigarette électronique a normalisé le geste. Les cannabinoïdes de synthèse ont colonisé le format.

La DGS a communiqué une alerte. L'ANSM a centralisé les signalements. Mais concrètement, qui est en première ligne de prévention dans les territoires ? Les pharmaciens. Parce qu'on est accessibles sans rendez-vous, parce qu'on vend des e-liquides et des inhalateurs dans certaines officines, et parce que les parents paniqués arrivent parfois au comptoir avant même d'appeler le SAMU.

Qu'est-ce que tu peux faire ? Déjà, informer. Si tu vends des produits de vapotage, forme ton équipe à repérer les questions suspects autour des e-liquides « aux effets particuliers ». Les cannabinoïdes de synthèse circulent sous des noms de marque fantaisistes, souvent sans DCI identifiable, souvent commandés en ligne.

Ensuite, orienter. Tout cas suspect d'intoxication doit être dirigé vers le 15 ou le centre antipoison. Pas de prise en charge en autonomie au comptoir sur ce type de tableau.

Enfin, sensibiliser. Les brochures MILDECA et Santé publique France existent. Elles peuvent trouver leur place dans ton espace conseil ado/jeunes adultes.

Demain matin au comptoir : une bonne nouvelle, c'est que l'alerte est publique et que tu peux maintenant en parler avec tes patients. C'est déjà ça.

Source : Le Quotidien du Pharmacien