1,3 milliard d'economies sur les meds en 2027 : l'officine en premiere ligne, encore

La Cnam annonce 1,3 milliard d'euros d'economies sur les medicaments pour 2027. Cette fois, la cible n'est plus seulement le prix des boites : c'est la pertinence des prescriptions et la deprescription qui sont dans le viseur. Et devinez qui va devoir gerer ca au comptoir ?

1,3 milliard d'euros. C'est l'objectif d'economies que la Cnam s'est fixe sur les medicaments pour 2027. Et pour y arriver, le script change.

Fini (ou presque) la strategie baisses de prix en serie. L'Assurance maladie pivote vers la pertinence des prescriptions et la deprescription. Autrement dit : moins de medocs dispenses, pas seulement des medocs moins chers.

Ca change tout pour nous. Parce que quand le patient arrive avec une ordo qu'on va potentiellement remettre en question, c'est le pharmacien qui prend le premier morceau. L'entretien de deprescription, le dialogue avec le prescripteur, la gestion de l'incomprehension du patient... tout ca, c'est du temps officinal non encore remunere a sa juste valeur.

Les biosimilaires restent le levier numero un sur la table. La Cnam pousse fort dessus, et c'est coherent : le taux de substitution biosimilaire en France reste en deca des meilleurs eleves europeens. Marge de progression reelle, mais ca demande une equipe formee et un discours patient bien rode.

Autre signal fort : le remboursement de certains medicaments innovants, comme le tafamidis (Vyndaqel), est remis en question dans le cadre de la maitrise des depenses. Les traitements a cout tres eleve vont etre scrutees de pres. L'acces au soin pour les patients concernes peut en patir. On reste attentifs.

La vraie question que personne ne pose franchement : est-ce que les officines seront compensees pour le surcroit de travail que genere cette politique ? Bilan de medication, entretiens, echanges inter-pro... tout ca a un cout humain et organisationnel.

Pour l'instant, la convention pharmaceutique ne prevoit pas de remuneration specifique indexee sur la deprescription. Ce que la Cnam gagne d'un cote, l'officine ne le recupere pas automatiquement de l'autre.

Demain matin au comptoir : si un patient revient avec une ordonnance allongee et que tu identifies un doublon ou un traitement discutable, documente ton intervention dans le DP. C'est ca, la tracabilite qui pourra peser dans les prochaines negociations conventionnelles. Chaque acte compte.

Source : Le Moniteur des Pharmacies