Faux GLP-1 sur Internet : l'Academie de pharmacie tire la sonnette d'alarme

Les agonistes du GLP-1 sont devenus le nouveau paradis des faussaires. 223 signalements en France en un an, dont plus d'un sur deux concernant des produits falsifies. Le sujet atterrit directement dans tes responsabilites de pharmacien sentinelle.

Le GLP-1, c'est la molecule du moment. Et comme toujours quand une molecule fait le buzz, les trafiquants rappliquent.

L'Academie nationale de pharmacie vient de tirer la sonnette d'alarme : les agonistes du GLP-1 (semaglutide, tirzepatide, liraglutide, dulaglutide) figurent desormais parmi les principales cibles des reseaux de falsification internationaux. Chiffre qui fait froid dans le dos : l'ANSM a recense 223 signalements en France entre decembre 2022 et novembre 2023. 53 % concernaient des produits falsifies.

Le canal d'entree, c'est massivement Internet et les reseaux sociaux. Des offres illicites de semaglutide injectable se multiplient, prometteuses, pas chere, livrees en 48h. Le patient ne sait pas ce qu'il s'injecte. Et toi, tu le vois debarquer au comptoir avec une boite douteuse ou des questions sur un produit qu'il a commande en ligne.

Ton role est clair : tu es la derniere barriere avant l'injection. Aucun medicament a base de GLP-1 ne devrait arriver dans les mains d'un patient sans passer par une dispensation officinale tracee. Si un patient te parle d'une commande internet, c'est l'occasion d'un vrai entretien.

Les signaux d'alerte a verifier : packaging suspect, absence d'hologramme de securite, numerotation de lot absente ou incoherente, texte en langue etrangere sans traduction francaise, temperature de conservation non respectee a la livraison.

Et ce n'est pas qu'une affaire de faux produits : il y a aussi les preparations magistrales illicites proposees par des plateformes etrangeres, hors AMM, hors tout cadre medical. L'ANSM a deja alerte sur ce point. Le risque pour le patient est majeur : surdosage, impuretes, produits inactifs.

Demain matin au comptoir : si un patient mentionne qu'il se procure son semaglutide autrement que chez toi, pose des questions sans juger. Informe. Documente si besoin. Et oriente vers le medecin prescripteur. C'est du conseil pharmaceutique pur, et c'est exactement ce pour quoi on est la.

Source : Le Quotidien du Pharmacien