Vaccins chez les médecins dès septembre : l'honoraire de dispensation en jeu
La CNAM vient de confirmer le déploiement du stockage vaccinal chez les médecins, sages-femmes et infirmiers dès septembre 2026. L'USPO tire la sonnette d'alarme : mêmes droits, mêmes obligations. Et l'honoraire de dispensation dans tout ça ?
La CNAM a lâché la bombe lors d'un atelier de travail : le stockage de vaccins chez les médecins, sages-femmes et infirmiers, c'est pour septembre 2026. Pourtant, la Direction de la Sécurité sociale avait repoussé le sujet d'un an en février dernier, invoquant des délais intenables. Visiblement, les délais sont devenus tenables d'un coup.
Rappel du contexte. La mesure était inscrite dans la LFSS 2026. La DSS l'avait officiellement différée lors du comité de liaison officine du 26 mars. Et voilà qu'elle ressort par la petite porte, via un atelier CNAM, sans concertation formelle avec les syndicats de l'officine.
L'USPO monte au créneau en premier. Sa position est claire : « mêmes droits, mêmes obligations ». Si les médecins, infirmiers et sages-femmes peuvent stocker des vaccins, ils doivent être soumis aux mêmes contraintes réglementaires que les pharmaciens. Traçabilité, conditions de conservation, respect de la chaîne du froid. Pas de passe-droit.
Mais le vrai sujet, c'est l'honoraire de dispensation. Aujourd'hui, quand tu délivres un vaccin à un patient, tu factures un honoraire de dispensation. Si demain un médecin commande ses vaccins directement et les administre sans passer par ton officine, cet honoraire disparaît. L'USPO exige explicitement son maintien lors de toute délivrance à un professionnel de santé. Ce n'est pas encore acté.
Côté FSPF, le président Valérian Ponsinet n'a pas encore réagi publiquement à cette annonce spécifique au moment de la rédaction. La FSPF s'était positionnée sur les ordonnances numériques lors du même CTPPN du 30 juin, mais n'a pas encore pris de position officielle sur le calendrier vaccinal accéléré.
Ce qui se joue concrètement : les précommandes de vaccins antigrippaux pour la campagne 2026-2027 sont déjà closes. Si des médecins stockent leurs propres doses dès septembre, les tensions d'approvisionnement que redoutent les officines pourraient s'aggraver. Tu risques de te retrouver en rupture pendant la campagne, alors que les cabinets médicaux ont leurs propres stocks.
Au comptoir demain matin : surveille tes précommandes antigrippales, vérifie avec ton grossiste les volumes confirmés. Et garde un oeil sur les publications syndicales : si l'honoraire de dispensation n'est pas sécurisé contractuellement avant septembre, c'est une perte sèche directe pour chaque officine.
Source : Le Pharmacien de France / USPO