Desescalade medicamenteuse : l'Assurance Maladie vise 1,3 milliard d'economies sur le medicament

Le rapport Charges et Produits 2027 de l'Assurance Maladie est tombe le 2 juillet. Baisses de prix, deprescription des benzodiazepines et des anticancereux : le signal est clair. Ca va concerner ton comptoir direct.

L'Assurance Maladie a pose ses cartes sur la table le 2 juillet. Son rapport Charges et Produits 2027 actait 1,3 milliard d'euros de baisses de prix sur le medicament. C'est pas une rumeur de couloir, c'est noir sur blanc.

La desescalade medicamenteuse est la priorite affichee. Deux cibles principales : les benzodiazepines et les anticancereux. Ca te parle ? Ca devrait, parce que les benzos, t'en delivres tous les jours. Et les patients sous anti-cancereux oraux, tu les suis de plus en plus en entretien pharmaceutique.

Pourquoi les benzos ? Parce que la deprescription est depuis longtemps identifiee comme un levier de sante publique majeur - iatrogenie, chutes chez le sujet age, dependance. Le message est constant, mais la realite officinale reste complexe : le patient sous Lexomil depuis 15 ans, ca se deprescrit pas en un entretien.

Pourquoi les anticancereux ? Parce que les prix explosent depuis des annees et que les autorites cherchent des marges de manoeuvre. Sur le plan des baisses tarifaires, ca touche directement les remises fabricants et potentiellement les prix publics - avec un effet cascade sur tes marges si tu es dispensateur de chimiotherapies orales.

Le timing est strategique : ce rapport precede les debats de la LFSS 2027. C'est le document de reference que les parlementaires vont avoir sous les yeux cet automne. Autrement dit, ce que l'Assurance Maladie propose aujourd'hui, ca peut devenir du droit opposable dans 4 mois.

Cote honoraires, le rapport ne mentionne pas de revalorisation compensatoire pour les pharmaciens sur ces actes de deprescription. La FSPF et l'USPO n'ont pas encore publie de reaction formelle a ce stade sur ce rapport specifique - a surveiller dans les prochains jours.

Demain matin au comptoir, concretement : si un patient renouvelle une benzodiazepine au long cours, c'est le moment de valoriser l'entretien sur les traitements chroniques. C'est ton role, c'est rembourse, et c'est exactement ce que l'AM va te demander de faire. Autant le faire pro-activement plutot que d'attendre un avenant te l'imposer.

Source : Le Quotidien du Pharmacien