Vente directe des labos : l'USPO passe à l'offensive, qu'en pensent les autres ?

L'USPO recense les cas où la vente directe des laboratoires a retardé la délivrance d'un médicament. Un courrier part chez tous les présidents départementaux pour documenter les incidents. L'objectif : obtenir des sanctions.

La vente directe des laboratoires, c'est le sujet qui fâche depuis des années. Et l'USPO décide de frapper fort.

Le syndicat va adresser un courrier à l'ensemble de ses présidents départementaux pour recenser les situations concrètes où ce mode de distribution a retardé la délivrance d'un médicament et compromis la prise en charge du patient. La stratégie est claire : documenter pour sanctionner.

Parce que c'est ça le vrai problème. La vente directe, c'est un laboratoire qui court-circuite le réseau de distribution classique (grossiste-répartiteur, puis officine) pour livrer directement les établissements ou certains circuits. Résultat pour toi : des ruptures apparentes en ville alors que le stock existe, une impossibilité de servir ton patient sous 24h, et une perte sèche sur la marge.

L'USPO veut transformer ces incidents individuels en preuve collective. C'est une démarche syndicale cohérente : sans données chiffrées, pas de levier réglementaire.

Maintenant, l'équilibre des positions. L'USPO pilote cette initiative. Du côté de la FSPF, le sujet de la vente directe est régulièrement évoqué dans les discussions sur l'accès au médicament et les ruptures d'approvisionnement, mais à ce stade, la fédération n'a pas annoncé de démarche similaire de recensement coordonné. L'UPGF n'a pas non plus communiqué publiquement sur cette initiative précise à ce jour. Cela ne signifie pas que les autres syndicats sont indifférents au problème, mais que l'offensive formelle est portée ici par l'USPO.

Le fond du dossier, il est sérieux. La vente directe est légale dans certaines conditions, mais elle peut créer des situations de rupture fonctionnelle en ville. Et quand le patient ne peut pas être servi, c'est toi qui encaisses le mécontentement, pas le laboratoire.

Demain matin au comptoir : si tu as vécu un cas où la vente directe t'a empêché de délivrer dans les délais normaux, contacte ton président départemental USPO (ou remonte l'information à ton syndicat, quel qu'il soit). Ces données terrain sont le carburant des négociations réglementaires.

Source : Le Moniteur des Pharmacies