Solaires Temu, Shein, AliExpress : 9 produits sur 10 non conformes, le comptoir comme rempart
Que Choisir Ensemble a testé 10 crèmes solaires vendues entre 1,55 et 6,65 euros sur les plateformes chinoises. Résultat : 9 sur 10 non conformes, la majorité n'assurant tout simplement pas la protection affichée. Les autorités sont saisies. Ton officine n'a jamais été aussi indispensable.
Neuf produits sur dix non conformes. C'est le bilan de l'enquête de Que Choisir Ensemble sur les crèmes solaires vendues sur Temu, Shein et AliExpress. Des prix entre 1,55 et 6,65 euros. Des protections qui n'existent pas. Et des patients qui vont s'exposer cet été en croyant être protégés.
Les autorités compétentes ont été saisies. Bien. Mais en attendant les suites administratives, le mal est fait : ces produits sont accessibles en quelques clics, ils sont livrés en 48h, et ils sont achetés massivement par des consommateurs qui n'ont aucun moyen de détecter la non-conformité sur une belle photo de packaging.
Ca te rappelle quelque chose ? C'est exactement le même débat qu'avec les médicaments contrefaits achetés sur internet. Le patient économise 3 euros. Il prend un coup de soleil en pensant être SPF 50. Dans le meilleur cas, c'est un érythème. Dans le pire, c'est un facteur de risque carcinologique qu'on ne mesure que dans 10 ans.
La bonne nouvelle dans tout ça, c'est celle-là : ton rayon dermo-cosmetique ne vend pas de la crème solaire. Il vend de la conformité réglementaire, du test qualité, de la traçabilité. C'est ça la vraie valeur ajoutée de l'officine face au e-commerce de bas de gamme.
Quels arguments béton pour ton équipe ? D'abord, les produits vendus en officine sont soumis au règlement cosmétique européen (CE 1223/2009), avec notification obligatoire sur le portail CPNP, tests de tolérance et tests d'efficacité vérifiés. Les produits des plateformes chinoises, eux, sont censés respecter les mêmes règles mais échappent très largement aux contrôles à l'importation.
Ensuite, l'indice SPF, ce n'est pas un chiffre arbitraire. Il doit être mesuré selon des méthodes standardisées (ISO 24444 pour l'UVB, ISO 24442 pour l'UVA). Si le test de Que Choisir confirme que la majorité des produits testés n'assure pas la protection affichée, ça veut dire que le consommateur est trompé sur la substance même du produit.
Demain matin au comptoir : brief ton équipe sur ces résultats. Quand un patient te dit "j'en ai trouvé un pas cher sur Temu", tu as maintenant un argumentaire factuel et sourcé. Pas pour vendre à tout prix, mais pour protéger.
Source : Le Quotidien du Pharmacien