Vaccin grippe sur liste I : prescription obligatoire, mais tu peux la rédiger toi-même

L'ANSM a inscrit les vaccins antigrippaux sur la liste I des substances vénéneuses (décision du 7 juillet 2026) : la dispensation est désormais tracée et suppose une prescription. Mais ça ne ferme pas l'accès au comptoir : le pharmacien formé reste habilité à prescrire ET à vacciner les 11 ans et plus. Le vrai changement, c'est l'encadrement, pas une barrière.

Info à corriger, et on la corrige tout de suite. L'ANSM a bien publié le 7 juillet 2026 une décision inscrivant les vaccins contre la grippe saisonnière sur la liste I des substances vénéneuses. La dispensation devient donc tracée et suppose une prescription. Mais contrairement à ce qu'une lecture rapide laisse croire, ça ne ferme pas l'accès à la vaccination au comptoir.

Pourquoi ? Parce que depuis l'arrêté et le décret du 8 août 2023, le pharmacien formé est lui-même prescripteur du vaccin grippe pour les personnes de 11 ans et plus, ciblées ou non par les recommandations. Autrement dit : le patient qui débarque en octobre sans ordonnance, tu peux lui rédiger la prescription au comptoir puis le vacciner dans la foulée. Le classement liste I ne retire pas ce droit, il l'encadre.

Ce qui change vraiment, c'est la traçabilité et l'encadrement juridique de l'acte, pas une barrière d'accès. L'ANSM le précise elle-même : les modalités d'accès à la vaccination pour le public restent inchangées pour la campagne saisonnière (bon de prise en charge Assurance Maladie).

Le seul vrai frein résiduel : les moins de 11 ans, qui restent hors de ton périmètre de prescription et nécessitent une ordonnance d'un médecin, d'une sage-femme ou d'un infirmier. Et, bien sûr, le pharmacien qui n'a pas suivi et déclaré sa formation vaccinale à l'Ordre ne peut ni prescrire ni administrer.

Demain matin au comptoir : rien d'anxiogène à faire passer à ton équipe. Le message à tenir aux patients qui appellent dès la fin de l'été, c'est « oui, on fait toujours les vaccins grippe, et pour les 11 ans et plus on peut même s'occuper de l'ordonnance sur place ». Le changement est administratif, ce n'est pas un retour en arrière sur l'accès.

Article corrigé le 10 juillet 2026 après le signalement pertinent d'un lecteur pharmacien. Merci à lui : c'est exactement cette vigilance qui fait la qualité de Pharm'Actus.

Sources : ANSM (décision du 7 juillet 2026), arrêté et décret n°2023-736 du 8 août 2023 (Légifrance), Ordre national des pharmaciens.

Source : Le Quotidien du Pharmacien