Ruptures de stock : 3 887 alertes en 2025, mais les mesures de gestion tiennent

Niveau stable par rapport à 2024, mesures de gestion consolidées : le rapport ANSM sur les ruptures 2025 n'est pas une bonne nouvelle extraordinaire, mais c'est une bonne nouvelle réelle. Le système ne s'est pas effondré. Et ça, ça mérite d'être dit.

3 887 signalements en 2025, contre 3 825 en 2024. Stable. Dans un contexte où on aurait pu s'attendre à une aggravation, la stabilisation est un signal positif à ne pas sous-estimer. L'ANSM le confirme dans son bilan annuel : les ruptures avérées représentent 399 dossiers, et les mesures de gestion se sont consolidées.

Nearby d'un signalement sur deux a nécessité une mesure de gestion concrète. Ça veut dire que le dispositif de réponse fonctionne : contingentements, importations, alternatives thérapeutiques validées, communications coordonnées avec les officines. Ce n'est pas parfait, mais ce n'est plus l'anarchie.

Et devinez quoi ? C'est en partie grâce au travail quotidien des équipes officinales. Chaque fois que tu signales une rupture, chaque fois que tu documentes une indisponibilité via le DP ou via ton grossiste-répartiteur, tu alimentes un système de surveillance qui permet à l'ANSM d'agir plus vite. Le maillage officinal, c'est le capteur terrain du réseau.

Les causes restent structurelles et connues : capacités de production insuffisantes, concentration des sites de fabrication de principes actifs en Asie, hausse de la demande mondiale. Rien de nouveau sous le soleil, mais la connaissance du problème progresse, et les plans de gestion des pénuries (PGP) imposés aux laboratoires commencent à produire leurs effets.

Il faut rester lucide : 399 ruptures avérées sur des médicaments essentiels, c'est 399 fois où un patient n'a pas eu son traitement au bon moment. Ce n'est pas anodin. Mais le fait que le chiffre ne s'emballe pas, dans un contexte de tensions mondiales sur les chaînes d'approvisionnement, c'est une forme de résistance du système.

Demain matin au comptoir : continue de signaler systématiquement les indisponibilités. C'est chiant, c'est chronophage, mais c'est ce qui permet au système de tenir. Et si tu as des patients sous médicaments essentiels chroniques, c'est le bon moment pour faire le point sur leurs stocks personnels avant les congés d'août.

Source : Le Moniteur des Pharmacies