Canicule et SEP : un risque de poussée majoré de 40 %, le comptoir doit savoir
Le projet Confisep-Heat vient de confirmer ce que les patients SEP ressentaient depuis longtemps : les fortes chaleurs augmentent le risque de poussées de 40 %. Avec le réchauffement climatique, ce n'est plus un signal d'alerte, c'est une donnée de fond pour la prise en charge officinale.
40 %. C'est la hausse du risque de poussées de sclérose en plaques lors des épisodes de forte chaleur, selon les premiers résultats du projet Confisep-Heat. Cette donnée, publiée et relayée ce 9 juillet 2026, vient scientifiquement valider un phénomène que les neurologues et les patients connaissaient empiriquement depuis des années : la chaleur aggrave la SEP.
Pourquoi c'est une info d'avenir et pas juste une info clinique du jour ? Parce que le réchauffement climatique va rendre les épisodes caniculaires plus fréquents, plus intenses et plus longs. La SEP touche environ 110 000 patients en France. Si le risque de poussée augmente de 40 % à chaque épisode chaud, on parle d'un impact de santé publique qui va s'amplifier année après année.
Le mécanisme physiopathologique est connu : la chaleur ralentit la conduction nerveuse dans les fibres démyélinisées. Même quelques dixièmes de degré de température corporelle en plus suffisent à dégrader la transmission. Ce n'est pas une poussée inflammatoire classique, c'est une aggravation fonctionnelle réversible, mais qui peut être vécue comme une véritable rechute par le patient.
L'étude pointe aussi une vulnérabilité accrue pour les patients vivant en zone urbaine, où l'effet îlot de chaleur amplifie les pics thermiques. Tes patients SEP en ville sont donc doublement exposés.
Ce que ça change concrètement au comptoir, et c'est là l'angle avenir : les traitements de fond de la SEP (interférons, natalizumab, ocrélizumab, etc.) ne protègent pas contre cet effet chaleur. Le conseil officinal sur la gestion thermique devient un acte de prévention des poussées à part entière. Hydratation, évitement des efforts aux heures chaudes, climatisation des espaces de vie.
Demain matin : si tu as des patients sous traitement de fond SEP qui viennent chercher leur dispensation mensuelle, c'est le moment d'intégrer un point chaleur dans l'entretien. Pas de facturation spécifique à ce stade pour ce type de conseil, mais c'est exactement le genre de valeur ajoutée qui justifie le rôle du pharmacien dans le suivi des pathologies chroniques.
Source : Le Moniteur des Pharmacies