Désogestrel et étonogestrel : le risque de méningiome est désormais gravé dans le RCP
Le PRAC de l'EMA vient d'acter officiellement le risque accru de méningiome pour les contraceptifs au désogestrel et à l'étonogestrel. Ça rejoint les recommandations françaises et ça change concrètement ce que tu dois dire au comptoir. Le risque est réel, inscrit noir sur blanc dans les RCP : plus question de botter en touche.
Le PRAC a tranché. Fini le flou, le risque de méningiome lié au désogestrel et à l'étonogestrel est désormais gravé dans les RCP européens.
Ce n'est pas une surprise pour les pharmaciens français : l'ANSM avait déjà tiré la sonnette d'alarme en amont, en cohérence avec la pharmacovigilance nationale. Mais là, c'est le niveau européen qui valide et harmonise. Toutes les patientes sous pilule progestative seule contenant du désogestrel (la fameuse pilule du lendemain non, la contraception quotidienne oui, Cerazette et génériques) ou sous implant étonogestrel (Nexplanon) sont concernées.
Concrètement, qu'est-ce que ça change au comptoir ? Ça veut dire que lors de la dispensation, tu dois t'assurer que la patiente a bien été informée de ce risque, notamment si elle présente des antécédents de méningiome ou des facteurs de risque. La prudence s'impose tout particulièrement chez les femmes sous traitement prolongé.
Le méningiome, c'est une tumeur méningée le plus souvent bénigne mais qui peut être invalidante selon sa localisation. Le lien avec les progestatifs à forte activité androgénique est établi depuis quelques années (cf. acétate de cyprotérone, noréthistérone). Le désogestrel et l'étonogestrel rejoignent cette liste avec les nouvelles RCP.
Pour les équipes : c'est le moment de briefer tes préparatrices et adjoints sur ce point. Quand une patiente vient renouveler sa plaquette de désogestrel ou une ordonnance pour Nexplanon, deux questions à glisser naturellement : des maux de tête inhabituels ? Des troubles visuels ou auditifs ? Ce sont des signaux d'alerte potentiels d'un méningiome.
La clause importante : le rapport bénéfice/risque reste favorable pour la grande majorité des femmes. On ne parle pas de retirer ces molécules du marché. On parle de surveillance et d'information éclairée. Et ça, c'est exactement notre métier.
Demain matin au comptoir : vérifie que l'info méningiome est bien intégrée dans ton argumentaire de conseil contraceptif progestatif. Ton logiciel métier devrait également mettre à jour les alertes DP dans les prochaines semaines.
Source : Le Quotidien du Pharmacien