Premier essai humain pour un vaccin contre Ebola Bundibugyo : Oxford prend les devants

L'Oxford Vaccine Group a lancé le tout premier essai clinique mondial chez l'homme d'un vaccin ciblant la souche Ebola Bundibugyo. Un candidat vaccin à surveiller, alors que l'épidémie en RDC progresse à un rythme préoccupant selon MSF. La recherche vaccinale accélère, et les pharmaciens sont en première ligne pour informer.

Oxford encore. L'université britannique, qui nous avait déjà habitués à aller vite sur la COVID, frappe un nouveau coup avec le premier essai clinique humain d'un vaccin contre la souche Ebola Bundibugyo. On parle bien du premier essai au monde chez l'être humain pour cette souche spécifique.

Pourquoi c'est important ? Parce qu'Ebola n'est pas monolithique. La souche Bundibugyo est distincte de la souche Zaïre, celle couverte par le vaccin existant (Ervebo, vaccin VSV-ZEBOV). Les outils vaccinaux actuels ne protègent pas de façon certaine contre toutes les souches. Et en ce moment, l'épidémie en République Démocratique du Congo progresse à un rythme qualifié de sans précédent par MSF, avec plus de 2 000 cas recensés officiellement, chiffre potentiellement sous-estimé d'un facteur 2 à 4 selon l'OMS.

L'essai de l'Oxford Vaccine Group en est à la phase d'évaluation de l'innocuité : on teste d'abord que le candidat vaccin ne fait pas de mal. C'est la première étape, on est loin de l'AMM. Mais le simple fait que cet essai démarre est une excellente nouvelle en matière de pipeline vaccinal contre les fièvres hémorragiques.

Par ailleurs, on note que le médecin français testé positif à Ebola est sorti d'isolement : bonne nouvelle sur le plan individuel, et rappel que les protocoles de prise en charge des cas importés fonctionnent.

Quel impact pour l'officine française à court terme ? Direct, limité : Bundibugyo ne circule pas en France. En revanche, quand un patient anxieux (et il y en a) te demande s'il risque quelque chose ou si son proche en déplacement professionnel en Afrique centrale est protégé, tu as maintenant un argumentaire solide et actualisé.

À moyen terme, si ce candidat vaccin progresse en phase 2 et 3, il entrera dans les recommandations vaccinales pour les voyageurs à risque et les professionnels exposés, exactement comme Ervebo. Et là, la dispensation officinale de vaccins devient un enjeu concret.

Demain matin au comptoir : si un patient part en mission en zone épidémique RDC, oriente-le vers un centre de vaccination internationale. Et retiens le nom Oxford Vaccine Group / Ebola Bundibugyo : ce sera dans les formations DPC dans 3 à 5 ans.

Source : Le Quotidien du Pharmacien