Regroupements d'officines : le réseau se restructure, les chiffres 2025 parlent
17 % des fermetures d'officines en 2025 résultent d'un regroupement, contre 24 % en 2024. Le phénomène ralentit mais reste structurant. Certaines régions comme le Centre-Val de Loire (44 %) ou la Normandie (38 %) concentrent l'essentiel des mouvements.
Le réseau officinal continue sa mue silencieuse. En 2025, 17 % des fermetures d'officines résultent d'un regroupement, contre 24 % en 2024. Ralentissement ou simple pause ? Les deux, selon les territoires.
Deux réalités coexistent derrière le mot "regroupement". La fermeture sèche d'abord : une officine disparaît purement et simplement. La fusion ensuite : plusieurs officines s'unissent pour créer une structure plus viable, avec mutualisation des coûts, des équipes et des honoraires. Ce n'est pas la même chose économiquement, et ça ne se vit pas de la même façon humainement.
Les disparités régionales sont frappantes. Centre-Val de Loire culmine à 44 % de regroupements dans ses fermetures, la Normandie à 38 %. À l'inverse, d'autres régions bougent à peine. La démographie officinale ne se réajuste clairement pas de façon homogène sur le territoire.
Pourquoi cette tendance de fond ? La pression économique reste réelle : charges en hausse, difficultés de recrutement, concurrence accrue sur certaines zones. La fusion permet de mutualiser l'outil de production, d'optimiser les achats, de dégager de la capacité d'investissement pour les nouvelles missions. Sur le papier, c'est du bon sens.
Mais attention à ne pas idéaliser. Un regroupement, ça se prépare. Juridiquement d'abord : le choix entre SELARL, SELAFA ou SNC n'est pas anodin fiscalement. Humainement ensuite : deux équipes, deux cultures d'officine, deux titulaires avec leur propre façon de travailler... La fusion des bilans, c'est souvent plus simple que la fusion des équipes.
La SEL reste le modèle dominant pour ces opérations, avec la SELARL en tête de liste. C'est cohérent avec la tendance générale à la structuration en société, notamment chez les jeunes titulaires qui s'installent directement en mode "groupe" plutôt qu'en exercice individuel.
Ce que ça change au comptoir demain matin ? Si tu es en zone à forte pression démographique, la question du regroupement va finir par se poser. Autant anticiper plutôt que subir. Et si tu as des confrères voisins en difficulté, le dialogue vaut mieux que d'attendre la fermeture sèche.
Source : Le Moniteur des Pharmacies