Un inhibiteur PCSK9 en comprimé : Merck franchit une première mondiale pour le cholestérol
La FDA vient d'approuver Lipfendra (enlicitide), premier inhibiteur PCSK9 oral au monde. Fini l'injection toutes les deux ou quatre semaines : un comprimé suffit. Pour les patients non contrôlés sous statines, c'est un changement de paradigme potentiellement majeur.
Depuis l'arrivée des inhibiteurs PCSK9 sur le marché, tout le monde cherchait le Graal : la même efficacité, mais en comprimé. C'est désormais fait. La FDA a approuvé Lipfendra (enlicitide), développé par Merck, premier représentant oral de cette classe thérapeutique.
Petit rappel de physiologie pour ceux qui sont passés vite sur le cours : les PCSK9 sont des protéines qui dégradent les récepteurs LDL hépatiques. Les inhiber, c'est laisser ces récepteurs épurer davantage de LDL-cholestérol circulant. Les anticorps monoclonaux déjà disponibles (évolocumab, alirocumab) sont redoutablement efficaces, mais nécessitent une injection sous-cutanée toutes les deux à quatre semaines. Résultat : observance perfectible, réticences à l'aiguille, logistique de conservation.
Enlicitide est un peptide macrocyclique, une catégorie moléculaire ingénieuse qui garde une structure compacte et stable permettant une biodisponibilité orale suffisante. C'est précisément là que la chimie médicinale a longtemps buté : les peptides se dégradent dans le tube digestif avant d'atteindre leur cible. La formulation macrocyclique contourne ce problème.
Pour la France, c'est encore le début du chemin. L'approbation FDA ne vaut pas AMM européenne. Il faudra attendre l'avis de l'EMA, puis l'évaluation de la HAS pour la prise en charge par l'Assurance Maladie. Les inhibiteurs PCSK9 existants ont déjà connu une trajectoire longue avant remboursement, avec des restrictions de prescription aux spécialistes et aux patients en échec des traitements standards.
Mais la dynamique est là. Une forme orale, ça change tout pour l'observance au long cours. Et pour nous, au comptoir, ça simplifie considérablement l'accompagnement patient : plus de questions sur la conservation au frigo, plus de galère pour les voyages, plus de barrière psychologique à l'injection.
À surveiller de près côté EMA et HAS dans les prochains mois. Et côté laboratoire commercialisateur en Europe, on attend confirmation : Merck étant une entité US (MSD en Europe), le titulaire d'AMM européenne sera à préciser avant toute communication.
Source : MedCity News