Oncologie féminine : un marché à 110 milliards de dollars, mais des inégalités criantes à combler
Selon un rapport PwC, le marché mondial de l'oncologie féminine pourrait atteindre 110 milliards de dollars d'ici 2030. Cancer du sein, de l'ovaire, du col : les pipelines sont pleins. Mais le financement et l'accès aux soins restent profondément inégaux selon les pays et les populations.
110 milliards de dollars. C'est l'estimation de PwC pour le marché mondial de l'oncologie féminine d'ici 2030. Un chiffre qui donne le vertige, et qui masque autant de réalités qu'il en révèle.
L'oncologie féminine regroupe principalement les cancers du sein, de l'ovaire, de l'endomètre et du col de l'utérus. Des pathologies pour lesquelles les pipelines thérapeutiques n'ont jamais été aussi riches : anticorps conjugués (ADC), immunothérapies, thérapies ciblées BRCA, inhibiteurs PARP... La recherche tourne à plein régime.
Mais le rapport PwC pointe une réalité moins réjouissante : les gaps de financement et d'accès aux soins restent considérables. À l'échelle mondiale, une grande majorité des patientes n'accède pas aux traitements innovants, faute de systèmes de santé capables de les financer. Et même dans les pays développés, des inégalités persistent selon l'origine sociale, le territoire ou l'âge au diagnostic.
Pour la France, le contexte est différent mais pas exempt de tensions. Le remboursement des thérapies ciblées en oncologie gynécologique a progressé ces dernières années, mais les délais entre AMM européenne et disponibilité effective restent un sujet récurrent. Le mécanisme d'accès précoce (ex-ATU) a été réformé par la LFSS 2022, avec un système d'accès précoce et d'accès compassionnel : globalement une amélioration, mais des angles morts persistent selon les indications.
Pour nous, officinaux, l'oncologie féminine se concrétise surtout par la dispensation des thérapies orales : capécitabine, inhibiteurs PARP (olaparib, niraparib), thérapies hormonales (létrozole, fulvestrant oral...). La coordination avec les équipes hospitalières, l'accompagnement de l'observance, la gestion des effets indésirables au comptoir : c'est du temps non rémunéré pour l'essentiel, mais c'est du soin concret.
Ce que ça change au comptoir demain matin ? Les pipelines 2026-2030 en oncologie féminine vont amener de nouveaux schémas oraux à dispenser. Se former dès maintenant sur les ADC et les BRCA, c'est anticiper des entretiens pharmaceutiques à forte valeur ajoutée. Et c'est exactement le type de missions pour lesquelles on sera reconnus, ou pas, selon qu'on aura investi le terrain.
Source : MedCity News