Quétiapine LP : retour au droit commun, mode d'emploi au comptoir

Depuis le 20 juillet, la quétiapine à libération prolongée sort du régime dérogatoire. Fini la dispensation à l'unité obligatoire. Mais attention, un point crucial change aussi côté substitution : lis avant de servir.

Le 20 juillet 2026, la quétiapine LP (libération prolongée) a officiellement réintégré le droit commun de la dispensation. Un arrêté publié ce jour abroge deux contraintes qui s'appliquaient depuis la mise sous surveillance renforcée de cette molécule : la dispensation à l'unité obligatoire et le cadre dérogatoire de délivrance.

Concrètement, tu peux à nouveau délivrer la boîte entière. Plus besoin de sortir les comprimés un par un, de gérer les reliquats ou d'expliquer au patient pourquoi tu ne lui donnes pas ce qu'il attendait. Le retour à la normale pour l'équipe, c'est non négligeable.

Mais l'ANSM précise un point qui va te faire lever un sourcil : les pharmaciens ne peuvent plus remplacer la forme LP par une autre forme galénique. Dit autrement, LP pour LP, et uniquement si c'est ce qui est prescrit. Pas de substitution entre formes dans ce cas précis. C'est à vérifier sur chaque ordonnance, parce que le prescripteur n'a pas forcément été notifié.

Pourquoi ce retour au droit commun maintenant ? La période de surveillance renforcée a permis de récolter suffisamment de données. Le profil de risque est désormais mieux cerné. La dispensation à l'unité était une mesure transitoire, pas un statut permanent.

Ce que ça change concrètement demain matin : tu délivres la boîte entière, tu vérifies que la forme est bien LP sur l'ordonnance, et tu ne substitues pas LP par IR (ou vice versa). Si le patient revient avec une ancienne ordonnance rédigée avant le changement de pratiques, prends 30 secondes pour vérifier la forme prescrite. C'est là que le risque d'erreur se niche.

Un conseil pour l'équipe : brief rapide en réunion de comptoir cette semaine. Certains préparateurs ont intégré la dispensation à l'unité comme un automatisme depuis des mois. Le réflexe inverse peut prendre quelques jours à s'installer. Mieux vaut prévenir qu'un comprimé mal compté.

Source : Le Quotidien du Pharmacien