Wegovy en comprimé : l'AMM européenne est là, le comptoir devra encore patienter
La Commission européenne vient d'approuver une forme orale du sémaglutide (Wegovy). Une première sur le continent pour les GLP-1. Mais avant de le mettre entre les mains de tes patients, il reste deux étapes clés en France.
On attendait ça depuis un moment. La Commission européenne vient de valider une nouvelle forme galénique pour le Wegovy de Novo Nordisk : un comprimé oral. C'est une première sur le sol européen pour un GLP-1 dans cette indication. Et c'est une bonne nouvelle, clairement.
Pourquoi une bonne nouvelle ? Parce que l'une des grandes limites actuelles des GLP-1 pour l'obésité, c'est l'injectable. Une partie des patients éligibles refuse catégoriquement une piqûre hebdomadaire. Une forme orale, ça lève un frein psychologique réel et ça peut ouvrir l'accès à des patients qui étaient dans l'impasse thérapeutique.
Mais attention : AMM européenne ne veut pas dire disponible demain à ton comptoir. Pour arriver sur le marché français remboursé, il reste deux étapes incontournables. Première étape : la HAS doit évaluer le service médical rendu et l'amélioration du service médical rendu (ASMR) de cette nouvelle forme. Deuxième étape : le CEPS doit négocier le prix avec le laboratoire. Aucun de ces délais n'est fixé à ce stade.
Et côté remboursement, ne brûle pas les étapes. La forme injectable de Wegovy a eu son chemin long et sinueux en France. La forme orale partira sur les mêmes rails d'évaluation. L'AMM est le point de départ, pas l'arrivée.
Ce qu'on peut retenir positivement : la R&D sur les formes galéniques des GLP-1 avance vite. Après l'injectable hebdomadaire, la forme orale. La prochaine étape dans le pipeline, c'est peut-être des fréquences d'administration encore plus espacées, voire des formes dépôt. Le champ des possibles s'élargit pour des millions de patients concernés par l'obésité sévère.
En attendant que ça arrive dans ta PDA, garde l'info sous le coude pour les patients qui te demandent "y a pas quelque chose qu'on avale ?" : la réponse est bientôt oui, mais pas tout de suite.
Source : Le Quotidien du Pharmacien