Violences au comptoir : un décret permet enfin à ton syndicat de porter plainte à ta place

C'est officiel : un décret publié le 20 juillet 2026 permet désormais à une instance professionnelle mandatée de déposer plainte au nom d'un soignant libéral victime de violences ou de menaces. Le professionnel de santé garde la main à tout moment. Une avancée concrète pour les équipes officinales.

On en avait marre de se battre seul après une agression. C'est désormais terminé, du moins sur le plan procédural. Le décret n° 2026-641 du 20 juillet 2026, publié au Journal Officiel, fixe les modalités d'application de l'article 5 de la loi du 9 juillet 2025 visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé.

Le principe est simple : jusqu'ici, un pharmacien libéral victime d'une infraction devait porter plainte lui-même. Dans le stress post-agression, entre la gestion du comptoir, le choc émotionnel et la peur des représailles, beaucoup laissaient tomber. Résultat : des faits non déclarés, des agresseurs non poursuivis, un sentiment d'impunité qui s'installe.

Désormais, une instance professionnelle mandatée, typiquement un syndicat ou un ordre, peut déposer plainte à ta place. Le texte précise que le professionnel de santé conserve à tout moment la possibilité de mettre fin au mandat et doit être tenu informé de l'état de la procédure. C'est lui qui reste maître du jeu, l'instance ne fait que porter le fardeau procédural.

Pour les équipes officinales, c'est une vraie avancée. Les agressions en pharmacie, verbales ou physiques, sont en hausse documentée ces dernières années. Un pharmacien titulaire qui se fait menacer un vendredi soir ne va pas spontanément au commissariat le samedi matin. Avoir une structure qui prend en charge le dépôt de plainte change structurellement la donne.

Côté syndicats, FSPF et USPO militaient depuis longtemps pour ce type de disposition. Ce décret concrétise une revendication partagée par l'ensemble de la profession, au-delà des clivages habituels.

L'impact au comptoir demain matin ? Mets à jour ton protocole interne de gestion des incidents. Note les coordonnées de ton syndicat et de ton conseil régional de l'Ordre. Si ça arrive, tu sais désormais qu'il y a quelqu'un pour porter ta plainte.

Source : LegiRSS Pharmacie