Génériques : nouvelle vague de baisses de prix, le rivaroxaban encore dans le viseur

Le Comité de suivi des génériques a planché le 23 juillet sur une nouvelle salve de baisses tarifaires. Objectif affiché : 41 millions d'euros d'économies, dont 14 millions sur les génériques seuls. Et le rivaroxaban repart pour un tour.

41 millions d'euros. C'est la facture que le Comité de suivi des génériques veut faire porter au marché du générique cet automne. Réunis le 23 juillet, les acteurs de la filière ont posé les jalons de la prochaine vague de baisses tarifaires. Et le tableau n'est pas réjouissant pour les marges officinales.

Le rivaroxaban est encore dans le collimateur. Ça commence à faire beaucoup pour une molécule dont les objectifs de taux de substitution sont pourtant largement atteints dans beaucoup d'officines. On baisse les prix de ceux qui jouent le jeu. La logique est discutable.

Ce que pointe le Moniteur des Pharmacies, c'est justement ça : certaines molécules concentrent les critiques parce qu'elles subissent des baisses répétées malgré des objectifs déjà remplis. Pendant ce temps, des stratégies de prescription continuent de freiner le développement des génériques sur d'autres lignes. Le problème n'est donc pas résolu à la source.

Autre signal à surveiller : le Comité explore des leviers d'économies au-delà des seules baisses de prix. Dispositifs de régulation, pression sur les prescripteurs, développement des biosimilaires... Le champ des possibles s'élargit, ce qui peut aussi vouloir dire de nouvelles contraintes à venir pour l'officine.

Pour le titulaire, ce que ça change concrètement : la pression sur les marges génériques ne va pas s'alléger. Sur des molécules comme le rivaroxaban, surveille tes prix d'achat et ton taux de substitution, car la marge différentielle générique/princeps reste ton principal levier de rentabilité sur ces lignes.

Du côté syndical, FSPF et USPO ont régulièrement dénoncé la spirale des baisses de prix sur les génériques, pointant une déstabilisation de l'approvisionnement et une menace sur la viabilité économique des officines. L'UPGF, de son côté, publiait ce même 24 juillet une prise de position appelant à stopper la baisse continue des prix des médicaments matures. Un front relativement uni sur ce sujet, ce qui est suffisamment rare pour être noté.

Demain matin au comptoir : sur le rivaroxaban, assure-toi d'être à 100 % sur la substitution et de travailler tes prix d'achat avec ton grossiste. La marge sur le générique, c'est ce qui reste quand tout le reste a été compressé.

Source : Le Quotidien du Pharmacien