Investisseurs en health tech : ce qu'ils adorent, ce qui les tue
MedCity News a interrogé les grands investisseurs de la health tech mondiale. Leur verdict est sans appel : ils ne veulent pas de fondateurs qui ont toutes les réponses, mais de ceux qui savent exactement ce qu'ils ne savent pas. Un enseignement qui parle aussi aux pharmaciens qui se lancent dans l'innovation.
Le profil idéal du fondateur en health tech en 2026 ? Ce n'est pas le génie solitaire qui a tout compris. C'est celui qui cartographie ses angles morts et construit une équipe pour les couvrir. C'est le message que font passer les investisseurs interrogés par MedCity News, et c'est beaucoup plus intéressant qu'il n'y paraît pour notre métier.
Parce que la health tech, ça concerne directement la pharmacie d'officine. Que ce soit les applis de gestion de l'observance, les outils de télésurveillance, les plateformes de coordination ville-hôpital, les IA de détection des interactions médicamenteuses... Les startups qui lèvent des fonds aujourd'hui auront des produits dans vos logiciels dans trois ou cinq ans.
Ce que les investisseurs ne supportent pas : les fondateurs qui survendent, qui ont une réponse à tout, qui ne connaissent pas leurs propres limites. Dans un secteur où une mauvaise décision peut coûter une vie (ou un procès), l'excès de confiance est un signal d'alarme.
Ce qu'ils adorent : la lucidité sur les angles morts, la capacité à recruter des profils complémentaires, et une compréhension réelle des contraintes terrain. Autrement dit, un fondateur health tech qui n'a jamais mis les pieds dans une officine ou un service hospitalier, c'est une source de risque aux yeux des investisseurs sérieux.
Pour nous, c'est une bonne nouvelle. Ça signifie que les startups qui vont lever des millions en 2026-2027 seront de plus en plus celles qui ont co-construit leur solution avec des pharmaciens, des médecins, des soignants. Pas celles qui ont développé dans leur coin un outil "révolutionnaire" qui ne s'intègre à aucun LGO existant.
La leçon pour un pharmacien titulaire qui veut innover ou investir dans une startup : pose toujours la question "qu'est-ce que vous ne savez pas encore faire ?" Si le fondateur bute ou balaie la question, tu as ta réponse.
Demain matin au comptoir : si une startup te démarche pour tester un outil, c'est toi l'expert terrain. Ton retour vaut de l'or. Ne le donne pas gratuitement.
Source : MedCity News