Franchises médicales : les médicaments à SMR faible dans le collimateur
La ministre a annoncé le 23 juillet un relèvement du plafond des franchises médicales, avec un ciblage assumé des médicaments à SMR faible et modéré. Derrière l'annonce, un rééquilibrage profond entre Assurance maladie et complémentaires santé se dessine. Au comptoir, ça risque de faire des vagues.
Le gouvernement a dit la partie silencieuse à voix haute. Derrière le relèvement du plafond des franchises médicales annoncé le 23 juillet par la ministre, c'est bien les médicaments à SMR faible et modéré qui sont visés en priorité.
La logique est claire : si ton médicament ne rend pas suffisamment service médical, le patient va payer davantage. L'Assurance maladie se désengage progressivement, et les mutuelles héritent du reste. Un transfert de charge en douceur, mais assumé.
Concrètement, ça concerne quoi ? Des médicaments encore très présents dans les ordonnances : antalgiques de palier 1, antispasmodiques, certains veinotoniques, des protecteurs gastriques de confort... Des lignes d'ordonnances que tu délivres encore quotidiennement.
L'enjeu pour l'officine est double. Premier impact : des patients qui vont poser des questions sur le reste à charge, et qui risquent de renoncer à certains traitements. Tu vas devoir expliquer, rassurer, et parfois orienter vers des alternatives. Deuxième impact : si les mutuelles remboursent moins (ou si les plafonds de franchises augmentent), certains patients pourraient se détourner de ces produits au profit de l'automédication OTC... dont la marge te revient directement. Ca te rappelle quelque chose ?
Le Moniteur des Pharmacies souligne que plusieurs autres leviers d'économies émergent au-delà des seules baisses de prix, et que les prochaines étapes réglementaires sont encore à venir avant entrée en vigueur effective. Rien n'est donc gravé dans le marbre à ce stade : reste en veille active sur la parution des textes au JORF.
Du côté des syndicats, ni la FSPF ni l'USPO n'ont publié à ce jour de réaction officielle sur ce volet spécifique des franchises SMR faible. A suivre de près lors des prochaines concertations LFSS.
Demain matin au comptoir : prépare ton équipe à la question "pourquoi je paie plus ?" sur des médicaments que les patients considèrent comme acquis. Et commence à identifier quels SMR faibles de ton assortiment pourraient basculer en OTC conseillé si la pression remboursement s'accentue.
Source : Le Moniteur des Pharmacies