Dépakote en tension : l'ANSM prend la main sur la gestion des stocks
L'ANSM signale une tension d'approvisionnement sur les deux dosages de Dépakote (divalproate de sodium, 250 mg et 500 mg comprimés gastrorésistants) commercialisés par Sanofi. Une molécule indiquée dans les épisodes maniaques du trouble bipolaire. L'Agence organise la gestion des stocks disponibles.
Encore une rupture, encore du divalproate. L'ANSM vient de placer sous tension d'approvisionnement les deux dosages de Dépakote commercialisés par Sanofi en comprimés gastrorésistants : 250 mg et 500 mg. Deux dosages, un seul laboratoire, zéro alternative de substitution simple. Ca commence mal.
Pour rappel, Dépakote (divalproate de sodium) est indiqué dans le traitement des épisodes maniaques du trouble bipolaire. Ce n'est pas un médicament qu'on peut interrompre brutalement ou remplacer à la légère : les enjeux de tolérance et de suivi plasmatique sont réels. Tes patients bipolaires sous Dépakote ont souvent mis du temps à trouver leur équilibre thérapeutique. Une rupture, c'est un risque de déstabilisation.
L'ANSM a donc décidé d'organiser activement la gestion des stocks disponibles, ce qui signifie concrètement : priorisation des patients déjà traités, dispensation encadrée, et probablement des recommandations de ne pas initier de nouveaux traitements sur cette spécialité pendant la tension.
Que faire au comptoir ? Plusieurs réflexes immédiats. Identifier tes patients actuellement sous Dépakote et vérifier leur stock personnel : si quelqu'un est à quelques jours de renouvellement, anticipe maintenant. Contacter tes grossistes pour évaluer les disponibilités réelles dans ton secteur. Et alerter les prescripteurs (psychiatres, médecins traitants) pour qu'ils soient informés de la situation.
La question de la substitution par Dépakine (valproate de sodium) ou d'autres formes galéniques est une décision MEDICALE, pas officinale : ne substitue pas de ta propre initiative sur une molécule à index thérapeutique étroit avec autant d'enjeux psychiatriques. Le médecin doit être dans la boucle.
Et devinez quoi ? Ce n'est pas la première tension sur le divalproate. C'est une molécule ancienne, peu rentable à produire, avec une demande stable mais pas glamour pour les industriels. Le sujet structurel des pénuries sur les médicaments psychiatriques mériterait une vraie réponse de fond au niveau européen. On attend toujours.
Demain matin au comptoir : check immédiat de tes stocks Dépakote, contact grossiste, et alerte proactive à tes prescripteurs référents en psychiatrie. Ne laisse pas un patient bipolaire stable se retrouver sans traitement faute d'anticipation.
Source : Le Moniteur des Pharmacies