Violences en officine : l'Ordre et les URPS peuvent enfin porter plainte à ta place

Un décret vient d'autoriser l'Ordre des pharmaciens et les URPS à porter plainte directement au nom des professionnels de santé victimes de violences. Fini le parcours du combattant en solo pour entamer une procédure pénale. Un signal fort, même si le comptoir reste un endroit parfois bien dangereux.

Les violences en officine, tout le monde en parle au comptoir, mais combien osent vraiment porter plainte ? La réponse honnête : pas grand monde. Entre la crainte des représailles, la paperasse, et l'impression d'être seul face à la machine judiciaire, beaucoup laissent tomber. C'est précisément ce problème que vient d'adresser un nouveau décret.

Depuis sa publication, l'Ordre national des pharmaciens et les URPS pharmaciens sont désormais habilités à porter plainte au nom des professionnels victimes de violences. Ce n'est pas anodin : jusqu'ici, la victime devait engager elle-même la procédure. Maintenant, les instances représentatives peuvent prendre le relais, avec toute leur capacité juridique derrière.

La mesure ne concerne pas que nous. Médecins, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, infirmiers, pédicures-podologues et masseurs-kinésithérapeutes bénéficient du même dispositif. C'est une réponse transversale à un problème de santé publique : les soignants se font agresser, et le système pénal était trop peu accessible pour eux.

Concrètement, qu'est-ce que ça change au quotidien ? Si toi ou un membre de ton équipe est victime d'une agression verbale grave, physique ou d'une menace sérieuse, tu peux désormais signaler les faits à ton Ordre régional ou à ton URPS. Ce sont eux qui peuvent initier la plainte, porter l'affaire et assurer le suivi procédural. Tu n'es plus obligé(e) de te retrouver seul(e) face au commissariat avec un œil au beurre noir et un formulaire Cerfa.

Attention : ça ne te dispense pas de formaliser les faits. Un signalement interne, un certificat médical si blessure il y a, une main courante, restent des éléments essentiels pour que la procédure aboutisse. L'Ordre porte la plainte, mais c'est ton témoignage qui fait le dossier.

La FSPF et l'USPO avaient depuis longtemps réclamé un renforcement des protections pour les équipes officinales. Ce décret va dans le bon sens, même si personne ne crie victoire : le vrai sujet reste la prévention, l'aménagement du comptoir, et la formation à la gestion des situations de tension.

Demain matin au comptoir : affiche clairement les coordonnées de l'Ordre régional dans la zone backoffice. Rappelle à ton équipe que signaler n'est plus un chemin solitaire. Et si quelqu'un a vécu une agression récente sans suite : il est peut-être temps de reprendre le dossier.

Source : Le Quotidien du Pharmacien