Incendies en Gironde : les pharmacies au front, avec le DP comme bouclier
Masques FFP2 distribués sur prescription ciblée, médicaments délivrés à des patients évacués sans ordonnance... Les officines de Gironde et des Landes ont démontré une fois de plus leur rôle de filet de sécurité sanitaire. Et le Dossier Pharmaceutique a fait exactement ce pour quoi il a été conçu.
Quand 220 000 personnes fuient leur domicile sans emporter leurs ordonnances, qui est là ? La pharmacie. Encore et toujours. Les incendies qui ravagent la Gironde et les Landes depuis plusieurs jours ont mis les équipes officinales dans une position qu'on connaît bien en période de crise : improviser, s'adapter, et continuer à soigner.
Côté concret, deux missions majeures se dégagent du terrain. Première mission : la distribution ciblée de masques FFP2. Suite à la cellule interministérielle de crise du 25 juillet, le Premier ministre a confié aux officines la distribution de masques FFP2 aux populations les plus vulnérables exposées aux fumées toxiques. Particules fines, HAP, dioxines, métaux lourds : la fumée des feux de forêt n'est pas juste une mauvaise odeur, c'est un cocktail de polluants sérieux pour les voies respiratoires, notamment chez les asthmatiques, les BPCO et les cardiaques.
Deuxième mission : la délivrance de médicaments aux évacués sans ordonnance. "On s'organise comme on peut", témoignent les collègues sur le terrain. Et c'est là que le Dossier Pharmaceutique (DP) devient un outil absolument critique. L'USPO l'a rappelé haut et fort : accéder au DP d'un patient évacué, c'est reconstituer son historique médicamenteux sans ordonnance physique, permettre la continuité du traitement, et éviter les ruptures brutales chez les patients chroniques.
La FSPF, de son côté, a communiqué sur les dispositifs de soutien économique mobilisables : activité partielle pour les officines directement affectées par les mesures d'interdiction temporaire d'activité dans les zones sinistrées. Un point pratique à ne pas négliger si tu es concerné ou si tu connais un confrère dans ce cas.
Ce qu'on retient de cette crise, c'est que le modèle officinal français, souvent décrié pour sa densité ou ses coûts, prouve une fois de plus sa valeur en situation d'urgence. Aucun autre acteur du système de santé n'aurait pu assurer cette double mission terrain de manière aussi rapide et capillaire.
Demain matin au comptoir : si tu exerces en zone potentiellement concernée par des épisodes de pollution aux particules (feux de forêt, mais aussi épisodes industriels), vérifie que ton équipe sait identifier les populations prioritaires pour les masques FFP2 et que ton accès au DP est opérationnel pour les urgences. C'est le genre de truc qui se prépare avant, pas pendant.
Source : USPO